
Cette année, Gorillaz fête ses 25 ans d’existence et c’est fou de savoir qu’ils nous ont accompagné durant tout ce temps. Depuis ma tendre enfance, Gorillaz a accompagné ma vie et c’est presque une tradition pour moi d’attendre un nouvel album et de le décortiquer durant de longues heures. Mais ces derniers temps, je dois avouer que Damon Albarn et Jamie Hewlett m’ont quelque peu déçu avec leurs derniers albums comme Humanz et Cracker Island. Mais toutefois mon enthousiasme ne faiblit jamais lorsque ce début d’année, ils annoncent leur nouvel album du nom de The Mountain.
Tout le monde le sait mais ces derniers temps, Damon Albarn a un rapport avec la mort. Et cela s’entend sur son dernier album solo qu’est The Nearer The Fountain, More Pure The Stream Flows qui était un hommage non dissimulé à Tony Allen mais aussi sur le dernier album de Blur. Ce n’est donc pas un hasard qu’il poursuit cette thématique sur The Mountain sauf qu’il va l’imager encore plus. Gorillaz viendra nous emmener du côté de l’Inde (la majorité de l’album a été enregistré entre le Royaume-Uni, l’Inde et les Etats-Unis) avec des artistes reconnus tels qu’Anoushka Shankar, Ajay Prasanna, Asha Puthli ou encore Amaan Ali Bangash et compte gravir la montagne malgré de nombreux obstacles. Le morceau-titre introductif ouvre le bal avec cette flûte indienne et cette ambiance presque hollywoodienne tout en plantant parfaitement le décor avant que ne retentisse la voix posthume de Dennis Hopper (qui était présent sur le classique Demon Days).
La thématique est amorcée: une réflexion métaphysique sur la vie et sur la mort. Et pour ce faire, le combo virtuel fait parler des invités venus de tous horizons musicaux vivants et d’autres venus d’Outre-Tombe, comme l’atteste les morceaux suivants comme les sautillants « The Happy Dictator » en compagnie de Sparks et « Orange County » avec Kara Jackson entre autres. Parmi les invités, on retrouve entre autres Jalen Ngonda, Johnny Marr sur « The Plastic Guru » sans oublier IDLES le temps d’un « The God of Lying » à mi-chemin entre art-pop et pop psychédélique et Gruff Rhys sur l’ensorcelant « The Shadowy Light » ou encore Mos Def (oui, je sais que c’est Yasiin Bey mais j’en ai rien à foutre) qui collabore avec Omar Souleyman pour un « Damascus » endiablé. Les invités posthumes répondent également présents comme Trugoy de De La Soul qui joue un tour de passe-passe avec Black Thought sur le funky « The Moon Cave » (un Black Thought que l’on retrouve également sur « The Empty Dream Machine » et sur la conclusion douce-amère nommée « The Sad God ») aux côtés de Bobby Womack également. C’est également le cas de la voix frémissante de Tony Allen (que l’on aurait aimé retrouver pour un dernier tour de passe-passe derrière les baguettes mais c’est toujours un pincement au cœur de l’entendre) sur « The Hardest Thing » ou du regretté rappeur Proof de D12 pour un freestyle inédit sur « The Manifesto » en compagnie du rappeur argentin Trueno ainsi que de Mark E. Smith le temps d’un « Delirium » enivrant.
On peut compter sur nos protagonistes ayant perdu des proches pour un festival musical absolument coloré et doux-amer. La mélancolie est à peine voilée tout au long de The Mountain qui fait intervenir des musiciens de folklore indienne ainsi que des invités venus de tous horizons musicaux (hip-hop, pop, folk, post-punk, disco…) prouvant que Gorillaz sait brouiller les pistes et décloisonner les genres pour une bonne dose d’expérimentation et d’émotions en tous genres. Une expérience musicale absolument vibrante prouvant que Damon Albarn et Jamie Hewlett continuent de voir les choses en grand et se débarrassent de tous artifices qui avaient plombé leurs disques précédents. Absolument leur disque le plus fascinant depuis Plastic Beach et je pèse mes mots.
Note: 8/10
