
Alors, vous n’allez pas me croire mais j’étais mis au courant de Memorials que l’année dernière lors de la dernière édition de La Route du Rock. Forcément, j’étais subjugué par l’univers musical du superduo mené par Verity Susman d’Electrelane et de Matthew Simms de Wire que j’aais dévoré leur premier album paru il y a un an et demi de cela par la suite. Le duo avait signé deus bandes-originales des films que sont Tramps et Women Against The Bomb pour info. Mais toujours est-il qu’ils étaient attendus au tournant avec leur successeur nommé All Clouds Bring Not Rain.
Et autant vous dire qu’on restera toujours autant subjugués par ces arrangements absolument riches et immersifs qui se dégagent à chaque note. Memorials frappe fort dès le départ avec « Life Could Be A Cloud » faussement calme et solennel où ce motif de nappes synthétiques ténébreuses qui se marient parfaitement à la voix monocorde de Verity Susman avant de nous prendre à contre-courant avec ces rythmiques qui s’emballent tout à coup qui nous entraînent dans des envolées presque sixties. Personne ne s’y prépare, croyez-moi sur paroles.
On enchaîne avec des perles presque motorik dans l’esprit comme les hypnotiques « Cut Glass Hammer » et « Dropped Down The Well » où Memorials privilégie les envolées lyriques et les synthés analogiques avec tant de classe. All Clouds Bring Not Rain saura nous hypnotiser comme personne avec également des moments contemplatifs à l’image des sublimes ballades comme « I Can’t See A Rainbow » et « Wildly Remote » ainsi que « Reimagined River » et « Lemon Trees » presque aussi magiques que des comptines avant que le superduo reparte de plus belle avec des moments étonnants comme « Mediocre Demon » frôlant de très près le dub et la musique concrète avec ce groove si singulier ou encore la conclusion bien psychédélique du nom de « Holy Invisible » aux doux allures de Stereolab.
Vous l’avez compris, Memorials nous offre une œuvre à la fois intense et imparable où ils réussissent à briser les barrières. Le superduo britannique arrive à concilier avec brio krautrock, dub, post-punk, spiritual jazz et rock progressif pour en faire une réussite absolument hybride où cette fausse insouciance se greffe aux sonorités obscures de la plus belle des manières. Un must de ce printemps 2026.
Note: 9/10
