
Il aura fallu deux EPs pour que molto morbidi puisse se faire une place confortable dans le paysage musical hexagonal actuel. La musicienne agrégée de philosophie a su attirer l’attention de l’auditoire à travers son univers à la fois labyrinthique et envoûtant qui lui a permis de faire les premières parties d’En Attendant Ana ou d’OMNI entre autres. Mais toujours est-il qu’elle est partie pour faire une forte impression avec son premier long-format nommé Maybe Marcel.
Armée de ses synthés analogiques, molto morbidi saura enivrer son auditoire tout au long de ces dix nouvelles compositions introspectives. Inspirée par une période de grande incertitude qui est aussi marquée par ses allers-retours à Bordeaux suite à l’hospitalisation de sa mère suite à un AVC, notre protagoniste se réfugie ainsi dans son monde. Maybe Marcel débute avec un « To Get My Life In Order » où on retrouve toute la créativité de molto morbidi qui est tiraillée entre Kate Bush et Laurie Anderson qui viendra prendre de l’ampleur sur « Oh No All Is Well » et sur « The Smell Of Cannelés » qui suivent et qui permettent de passer de la douceur aux agitations en un instant.
Le premier album de la musicienne poursuit dans cette voie où l’on côtoie aussi bien des mélodies cristallines et d’autres plus dissonantes, que ce soit sur « Interrupted » et sur « Mum’s Not Fine ». Passant aussi bien de l’easy-listening à la pop baroque en passant par le post-punk et la synthpop et les allures trip-hop avec beaucoup de fluidité, Maybe Marcel continue de nous ensorceler avec également les habités « Say It Like You Mean It » et « Brought About » permettant de déterminer le climat. C’est en faisant la pluie et le beau temps avec également la sublime conclusion nommée « So Perfect The Loose Ends » que molto morbidi réussit à tirer son épingle du jeu avec ce premier disque aussi tourmenté que magique.
Note: 8/10
