
Je pense que tout le monde est d’accord sur le fait que l’année 2025 est placée sous le signe d’Arthur Fu Bandini. En effet, notre protagoniste mérite absolument son lot d’attention après tant d’années dans l’ombre. Après avoir touché au rap avec 10STRICT et au rock psychédélique avec le groupe (malheureusement) éphémère Moonsters, le musicien viendra enfin se lancer en solo avec ses deux premiers EPs que sont Ça n’a jamais été mieux avant 100% autoproduit.
A travers ces deux EPs, Arthur Fu Bandini, fils de musiciens et artiste de la sélection 2024 du chantier des Francofolies, fera parler sa singularité en arpentant des chemins pop, rock et électro. C’est en marchant sur les pas de Suicide mais également de Daniel Darc et Sleaford Mods que l’artiste pluridisciplinaire déconstruit les genres pour mieux incarner l’air du temps notamment sur « A quoi bon » et « Tu te reconnaîtras » qui plantent le décor avant soin. Ce qui frappe d’emblée, c’est la poésie à la fois ironique et post-surréaliste riche en questionnements universels qui fait mouche notamment sur le funky « Retrouver le soleil » presque 70’s dans l’âme ou encore des allures dignes de feu Bashung sur « Gober » avant d’atteindre le sommet avec un « L’être à vous » beaucoup plus pop mais avec cette ambiance très noire qui saura nous emporter.
Le second volet en revanche permettra à Arthur Fu Bandini d’élargir un peu plus son spectre sonore afin de mieux habiller sa prose poétique puissamment engagée. Ce n’est pas un hasard si l’on retrouve des influences reggae-dub sur « Anesthésie générale » plein de lucidité avant de repartir sur des bases plus électro-pop sur le rythme ensorcelant de « Empire IA » ou du plus saccadé « Ça va ça va » entre autres. Toujours aussi puissant et ironique, notre protagoniste tutoie les sommets avec « Le souffle de Cassandre » presque G**nsb**rg dans l’âme mais aussi avec les rythmiques hip-hop de « Je sors de moi » avant d’accélérer le rythme sur le plus explosif « Nos cœurs font du freejazz » qui twiste à mort. S’achevant sur des couleurs plus jazz-funk avec « La vie danse », Arthur Fu Bandini possède toutes les qualités pour se démarquer de la scène actuelle qui lui a permis d’avoir une certaine reconnaissance tant méritée.
Note: 7.5/10
