
Décidément, ce printemps musical n’aura pas fini de nous surprendre. Parce qu’il y a un grand groupe qui décide de faire son retour et il s’agit bien de Ghinzu. La dernière fois que nous avions eu des nouvelles du groupe bruxellois, il fallait remonter à l’année 2009 avec leur troisième album nommé Mirror Mirror. Et oui, depuis un bon bout de temps. Et dès lors, ils nous avaient promis un quatrième disque pour 2015. Puis pour 2017 et ainsi de suite, jusqu’à ce que l’on lâche l’affaire progressivement. Et puis coup de théâtre ! Ghinzu fait son grand retour en ce printemps 2026 avec leur successeur attendu comme le Messie qui s’intitule W.O.W.A. Comme quoi, la patience est une vertu.
La raison principale à ce report incessant est tout simplement dû au perfectionnisme du groupe. Mais on peut enfin souffler: ceux qui ont conquis la scène rock belge avec des hymnes mémorables tels que « Do You Read Me », « 21st Century Crooners » ou encore « Mine » a encore des choses à dire. Et c’est sans surprise qu’on les retrouve plus endiablé et plus passionnant que jamais avec le morceau d’ouverture nommé « When Other Worlds Await » où les loops hypnotiques s’acoquinent aux riffs enragés pendant sept minutes de bonheur. Il n’y a pas de doutes, c’est bien du Ghinzu avec également le dansant et sensuel « Slow Dance » mais aussi le tubesque « Out of Control » notable par cette écriture plus mûre et plus réfléchie qu’auparavant.
La voix de crooner désabusé de John Stargasm n’a clairement pas pris une ride notamment à travers des moments de bravoure à l’image des accents soul/jazz du downtempo « Apologies » avant d’aller plus loin en incorporant plus de sonorités électroniques et de beats hip-hop sur « It’s The Law ». Ghinzu n’a rien perdu de son mordant d’autrefois mais aussi de son intensité avec le langoureux « Forever » contrastant avec les plus tranchants et fiévreux « Morning Lights » et « Death Race » où coexistent la douceur et la violence, les déflagrations électriques et l’élégance orchestrale notamment avec les arrangements riches de « Fool » et de « Breathless Words » en guise de conclusion pleine de délicatesse et quasi-cinématographique. Et quelle conclusion, ma foi…
Donc oui, c’est dire que Ghinzu nous avait tellement manqué et ils ne comptent pas du tout nous décevoir avec W.O.W.A. John Stargasm et ses compères continuent de marquer leur territoire avec cette écriture inspirée et des mélodies fédératrices tandis que l’on traverse d’un extrême à un autre avec beaucoup d’aisance. En tout cas, c’est un retour gagnant et on espère ne pas attendre une décennie supplémentaire pour la suite.
Note: 8/10
