Kurt Vile – Philadelphia’s been good to me

Ce n’est plus un secret pour personne mais le retour de Kurt Vile reste toujours un événement dans l’indiesphère actuelle. On l’avait laissé avec un (watch my moves) pour le moins honorable il y a quatre années de cela mais cela n’empêche pas pour lui de frapper fort, quoi qu’il advienne. De l’eau a coulé sous les ponts et l’heure est venue pour le musicien de Philadelphie de rendre hommage à sa ville natale sur son nouvel album, comme une sorte de lettre d’amour à sa sauce.

Pour ce dixième album nommé Philadelphia’s been good to me, Kurt Vile compte montrer tous les aspects positifs de sa ville natale. Il nous prend par la main et nous accueille dans son Philadelphie tel qu’il le perçoit dès le départ avec un « Zoom 97 » des plus éclatants et riches en reverbs avant de prendre le large avec le plus bluesy « 99 BPM » rendant hommage à son acolyte Bob Laakso ainsi que la ballade folk-rock plus langoureuse nommée « Rock o’ Stone ». On navigue de rues en rues et on est facilement dépaysés.

On retrouve ainsi ce subtil mélange entre folk-rock, jangle-pop et indie rock slacker tout au long de cette dixième pépite tandis que son storytelling continue de prendre aux tripes. Kurt Vile atteint de nouveaux sommets à travers le désabusé « You don’t know cuz it’s my life » contrastant avec le plus vif et électrique « Chance To Bleed ». Mais la face B de Philadelphia’s been good to me s’avère plus spleenesque que jamais avec la pièce maîtresse de 10 minutes qu’est « 99th song » aux airs de heartland rock légèrement synthétique et hautement psychédélique qui saura nous enivrer comme personne. Un brin de nostalgie se dégage sur des moments vaporeux comme « Holiday OKV » et « Every time I look at you » qui est dédié à sa femme et ses filles avant de s’achever sur un « Avalanches of snow » en guise de conclusion à la fois dense et envoûtante comme un moment suspendu dans le temps.

C’est plus qu’une lettre d’amour à Philadelphie que Kurt Vile nous offre mais un véritable manifeste universel et sensible. Ces éléments sont réunis pour faire un de ses disques les plus passionnants depuis plus d’une décennie car le songwriting n’aura pas fini de nous toucher à chaque écoute répétée.

Note: 8/10