Lutèce Lockness – Le Châ

Un peu d’imagination ne fait pas de mal par les temps qui courent, et c’est notable pour Lutèce Lockness. Il s’agit d’une jeune musicienne qui a grandi dans la Petite Camargue et qui avait débuté à la chorale des P’tits Loups du jazz entre 6 et 11 ans. Après avoir fait ses armes, l’heure est venue pour elle d’impressionner son auditoire à travers son projet audiovisuel qui démarre sur les chapeaux de roue avec un premier album nommé Le Châ.

Armée d’une fourrure vêlue d’un double félin imaginaire, Lutèce Lockness réussit à nous transporter dans son univers surréaliste mais ô combien attachant. Il suffira de quatre longues pièces méditatives pour que l’on puisse plonger aisément dans son jardin secret. C’est en marchant sur les pas de Björk ou encore d’Arthur Russell et de Laurie Anderson que la musicienne multi-instrumentiste réussit à nous interpeller dès les premières notes de « Insandi » prenant de l’ampleur au fur et à mesure avant de nous hypnotiser une fois de plus avec « and the love is born in me for a stone » où les sonorités psychédéliques côtoient les allures médiévales et rétrofuturistes de la plus belle des manières en privilégiant le bouzouki qui est son instrument de prédilection.

Lutèce Lockness poursuit cette épopée musicale hors normes en conviant Jean Rondeau sur la face B de Le Châ, notamment sur « Griff » et sur « yAmA yAmA » notable pour ce riff de clavecin entêtant. Avec ce premier disque, l’artiste pluridisciplinaire opte pour une approche spécifique aux sonorités et donne un sens aux mots qu’elle choisit consciemment et indépendamment de son univers musical riche en sensations fortes qui semble vivre neuf vies.

Note: 8/10