
Si il y a bien un groupe qui nous a tant manqué ces dernières années, c’est bel et bien Ibeyi. En vérité, on n’avait plus du tout de nouvelles de nos sœurs jumelles adorées (nées sous le signe des jumeaux…) depuis leur précédent album nommé Spell 31 il y a quatre années de cela maintenant. Et c’est dire que Lisa-Kaindé et Naomi Diaz nous ont tellement manqué, à un tel point que l’arrivée de leur nouveau disque Offering s’annonce presque irréelle. Et pourtant…
Ibeyi a tout quitté pour mieux se reconstruire, à savoir leur ancien label et leur cocon familial. Offering aura été conçu dans la ville où leur mythique père Anga Diaz du Buena Vista Social Club avait fait ses premières armes en tant que percussionniste et c’est aussi l’occasion pour les sœurs jumelles de gagner leur indépendance, comme l’atteste le morceau d’ouverture nommé « Olokun » où les harmonies vocales et cette incantation en yoruba réussissent à nous ensorceler une fois de plus avant de laisser place à un « Aset » (l’autre nom de la déesse Isis) en compagnie du producteur haïtien Michaël Brunqui où les rythmiques mystiques font leur entrée tandis qu’elles invoquent la fameuse déesse de façon gracieuse. De quoi amorcer ce Offering de la plus belle des manières.
C’est en mélange l’héritage yoruba et les battements modernes qu’Ibeyi viendra de nouveau se démarquer par sa singularité, avec entre autres « Focus » et « Moshpit » tandis que les pulsations électroniques se font plus abrasives que jamais contrastant avec ces harmonies parfaitement maîtrisées (« I’m a god, then I’m nothing/I’m a void, incompleted »). Ibeyi n’hésite pas à ajouter une dose de modernité sans jamais dénaturer leur univers si enchanteur et mystique, notamment sur « The Process » interprété en espagnol où les vocalises éthérées et cristallines contrastent avec ces récits plus sombres ou encore sur « Baba ». Il est question de gratitude sur « Good Life » et de confiance brisée sur « I Know You Loved Me » contrastant avec la réconciliation sur « Hurry Hurry » qui feront de Offering un véritable voyage émotionnel qui atteindra son apogée avec « La tendresse d’un mot » en compagnie de la superstar Sofiane Pamart ainsi qu’avec la conclusion beaucoup plus épurée du nom de « Lucky ».
Malgré sa courte durée (29 minutes pour 12 titres), Offering qui est un sublime dialogue entre la douceur des harmoniex face à l’énergie brute et rêche des compositions est un retour en forme pour Ibeyi. Quel plaisir d’entendre de nouveau les soeurs Diaz qui sont reparties à zéro pour mieux affirmer leur singularité à travers ce rituel magnétique ô combien ensorcelant.
Note: 8/10
