
Il y a trois années de cela, Slow Pulp avait tiré son épingle du jeu avec son précédent album nommé Yard. Le groupe indie rock de Madison a enfin connu la consécration avec leur univers musical bien senti et ô combien captivant. Maintenant qu’ils sont attendus au tournant, l’heure est venue pour Emily Massey et ses compères de marquer un grand coup avec leur successeur tant attendu du nom de Melodie, produit par Elliott Kozel du groupe Sleeping In The Aviary.
Très vite, Slow Pulp prend ses marques dès le départ avec « Yellow and Green » montrant une Emily Massey plus méditative que jamais tandis que les arrangements sont beaucoup aérés que jamais, tout comme le plus acoustique « These Days » ou le très impressionnant « Better Man » avec ce final shoegaze absolument dévastateur du plus bel effet. Le quatuor de Madison compte explorer les récentes transformations traversées ces dernières années, et cela s’entend parfaitement par ces différentes émotions que parcourent Melodie, comme le morceau-titre qui vacille entre la power-pop d’Alvvays et l’aspect digital de Feeble Little Horse entre autres.
Que l’on passe de la tendresse sur la ballade menée au piano qu’est « Not For Nothing » et « Entertainer » à la furie sur « Like Me » et « Spill » faisant sortir les distorsions de guitare, Slow Pulp n’aura pas fini cette introspection tandis qu’ils explorent leurs angoisses par rapport à l’avenir incertain du groupe avec cette verve qui les anime tant. Avec Melodie, le groupe de Madison jette un regard lucide sur leurs vies notamment sur la conclusion beaucoup plus cathartique du nom de « Slip Away » notable par cette interprétation plus rugueuse et émotionnelle de la part d’Emily Massey qui fait mouche à coup sûr. C’est en élargissant leurs horizons allant des élans shoegaze aux soupçons power-pop en passant par des ballades intimistes que Slow Pulp opère un véritable tour de force sur Melodie.
Note: 8.5/10
