Nerlov – Naïf

Suite à la parution de son premier album nommé Pas si grave paru au printemps 2024, Nerlov avait tutoyé les sommets. L’artiste angevin a conquis les coeurs grâce à son univers spleenesque et attachant, à un tel point que l’on a entendu sa musique sur la dernière saison de bref. par exemple, ce qui n’est pas rien. De l’eau a coulé sous les ponts et l’heure est venue pour lui de récidiver avec son successeur sobrement intitulé Naïf.

L’autoproclamé « looser magnifique » continue son introspection de la plus belle des manières tout au long de ces onze nouveaux titres. Après une introduction plantant le décor avec soin, Nerlov s’ouvre à nous avec un « Mon plus grand regret » où il s’interroge sur son choix de devenir parent ou non avant de récidiver sur « Ensemble » et « Plein de sang » absolument clairs-obscurs et ô combien attachant. Naïf est composé de onze photographies où l’artiste angevin parcourt sa réflexion à travers des histoires intimistes qui n’auront pas fini de nous émouvoir.

Moins viscéral et moins fiévreux que Pas si grave, Naïf se montre plus épuré musicalement mais agrémenté d’arrangements plus organiques à travers ces productions électroniques affûtées. Ces arrangements mettront au service le songwriting absolument touchant de Nerlov qui, à travers son interprétation habitée, raconte nos failles ainsi que notre solitude avec « Oui mais non » où les cuivres résonnent de plus belle mais également avec les bouleversants « Si tu meurs » et « Merci » où il réussit à trouver les mots justes sur nos maux. Il possède également l’art de cohabiter spleen et dancefloor avec tant de réussite comme sur « Tout à l’heure » et sur « Couleurs de stickers » prouvant qu’il n’a pas peur de se mettre à nu avec ce message qui prendra une tournure universelle. Et c’est ce qui fera la beauté de ce Naïf qui transforme nos échecs en dancefloor intimiste.

Note: 7.5/10