Melissa Weikart – Contact

Depuis son émancipation auprès de Beatrice Melissa, Melissa Weikart continue de voler de ses propres ailes de façon élégante. La musicienne franco-américaine a tiré son épingle du jeu avec son précédent EP nommé Easy début 2025 grâce à un son beaucoup plus organique et plus chaleureux que jamais. Plus de dix-huit mois se sont écoulées et l’heure est venue pour elle d’enfoncer le clou avec son premier album qui s’intitule Contact.

Et à cette occasion, Melissa Weikart repousse un peu plus les limites de sa créativité avec son instrument de prédilection qu’est le piano. A travers ces douze nouvelles compositions, notre protagoniste brouille de nouveau les pistes de la plus belle des manières, comme l’atteste le morceau d’ouverture nommé « Crash » presque avant-pop dans l’esprit où cette formule piano-voix se confond aux nappes fantomatiques. Il est suivi de très près par une splendide ballade « Mesurer le vent » interprétée en français et inspirée par Debussy entre autres mais encore « The Intersection » mettant sa voix au centre de l’attention. Contact est une sublime exploration de l’intime à coup sûr.

C’est en marchant sur les pas des sonorités tantôt jazz tantôt pop-folk digne des années 1970 que Melissa Weikart nous accueille dans son univers à la fois feutré et chaleureux. Contact continue dans cette voie avec d’autres perles somptueuses telles que les nappes synthétiques et le sample de batterie hypnotique de « Appétit.e » ou bien encore le dépouillé « Expectations » aux allures dignes de The Carpenters où la musicienne franco-américaine sait aussi bien jouer avec de nombreuses tonalités vocales qu’avec son piano pouvant arpenter différentes sonorités. Toujours est-il que ce lien qu’elle tisse avec son auditoire est indestructible, surtout lors des écoutes du psychédélique et rétro « L’amour se construit » (suivi d’un sequel en guise d’interlude plus angoissante marquée par les scansions de notre protagoniste) ou encore des allures dignes de Broadcast de « Not Right » et du plus minimaliste et épuré « New Angles » en compagnie de Manu Delta.

Aussi dramaturgique avec « Catching Up » que bouleversant sur la conclusion plus introspective du nom de « Bicycle », Melissa Weikart signe un magnifique premier disque où elle perfectionne son art de l’improvisation mêlé à son univers singulier, sensible et émouvant.

Note: 8/10