Caroline Rose – Gentling the Horse at the Walt Whitman Mall

Caroline Rose avait beau avoir mis tout le monde d’accord une fois de plus avec year of the slug l’an dernier mais on n’aura pas fini de vous en parler. En effet, l’artiste venu.e tout droit de Los Angeles a pris de court son auditoire en nous emmenant dans des territoires lo-fi mais n’est jamais avare en émotions, bien au contraire. Allons savoir ce qu’iel va nous réserver pour son successeur nommé Gentling the Horse at the Walt Whitman Mall plus de dix-huit mois plus tard.

C’est en comptant sur l’aide de John Congleton que Caroline Rose annonce sa nouvelle ère musicale. Et autant vous dire que l’artiste de Los Angeles fera rugir les guitares dès le départ avec l’explosif « Yip Yip Yow » aux allures country-rock où on sent qu’iel est prêt.e à en découdre avant de ralentir quelque peu le rythme mais jamais l’intensité avec « Chow Mein » et « Valery (please don’t be mad at me) » tout en repoussant les frontières de l’Americana. Une autre preuve que l’artiste cherche à s’affranchir des conventions du genre.

Gentling the Horse at the Walt Whitman Mall est également l’occasion pour Caroline Rose de dresser un tableau plutôt sombre du rêve américain, tiraillé entre violence et désillusion. Il est question d’identité, de solitude et de recherche de connexion tout au long de ce nouveau disque avec des titres à la fois tonitruants et urgents comme « Cement Head » ou encore « Goddamn Train » et « Hello Again, Jim » entre autres. Après un moment de répit avec « Notes To Teenage Self » et « Conversation With Shiv (AKA liquid k song) », iel reprend du service avec des compositions plus endiablées et plus musclées que jamais avec « Calm » et « RIDE (!!!) » aussi bien accrocheur que tonitruant.

Ajoutez ceci à un « Everything In Its Right Place » (qui n’est pas une reprise de Radiohead) où les riffs fuzzy sont de sortie et vous obtiendrez un Gentling the Horse at the Walt Whitman Mall des plus immédiats où Caroline Rose tire son épingle du jeu. C’est en faisant crier les guitares et en faisant preuve d’empathie dans son songwriting que l’artiste réussit à dépeindre cette parfaite dualité, d’être une bête qui s’adoucit dans un environnement éprouvant et sans merci.

Note: 8/10