
Il y a deux années de cela, Sour Widows était passée à l’étape supérieure avec leur précédent album nommé Revival Of A Friend. Le désormais duo indie rock californien composé de Maia Sinaiko et de Susanna Thomson était sur tous les fronts grâce à son univers musical à la fois clairsemé et riche en émotions. Et elles vont enfoncer le clou avec leur successeur tant attendu du nom de Sigil.
Pour ce grand retour, Sour Widows a décidé de rejoindre le label le plus bankable de cette décennie, à savoir Julia’s War (They Are Gutting A Body of Water, Total Wife, Hooky…). Le label étant une véritable machine de guerre indie rock et à leur prime à l’heure actuelle, c’est l’occasion idéale pour le duo de la Bay Area de dominer un peu plus leur territoire et ce grâce à l’apport de Jay Som derrière les manettes, un autre argument de poids supplémentaire si vous voulez mon avis. Et autant vous dire que le groupe nous embarque dans un périple plein d’intensité avec le morceau-titre introductif où les guitares grondent de plus en plus tandis que le duo imagine le monde s’écrouler autour d’elles avant de récidiver avec des morceaux riches en intensité émotionnelle comme « Her Garden » et « Still Warm » qui suivent de très près.
Sigil poursuit dans cette voie avec ces titres à la fois électriques et passionnants tels que « Lucky Star » (qui n’est pas une reprise de Madonna hein) qui est notable par cette explosion finale orgasmique ainsi que le tentaculaire « Blood In The Grass » dédié à Maya Bon de Babehoven et « Choke Chain » absolument séduisant. Sour Widows saura attirer toute notre attention à travers cet univers tout en clair-obscur qui prend aux tripes grâce à leurs sublimes harmonies vocales divinement bien posées comme sur « White Horse » et sur « Godspeed (Your Love) » entre autres. L’intensité va tripler notamment sur l’impressionnant et puissant « Lullaby » parlant du génocide actuel se passant à Gaza interprété par Maia Sinako (qui est issue d’un héritage juif) n’hésitant pas à utiliser le growl pour faire parler son désarroi. Après ces dernières déflagrations soniques viendront un peu de répit avec la conclusion acoustique et déchirante du nom de « Wounds Of Purification » qui n’aura pas fini de nous émouvoir.
Cathartique et puissant de bout en bout, Sigil est un véritable tour de force de la part de Sour Widows. On pourra également applaudir la production de Jay Som mettant parfaitement en avant le talent des deux musiciennes qui brillent avec leur songwriting beaucoup plus intense que jamais et qui leur permettra d’atteindre de nouveaux sommets.
Note: 8.5/10
