Fenne Lily – Win Win

C’est en maintenant ce rythme d’un album tous les trois ans que Fenne Lily réussit à entretenir son mystère. On avait laissé la musicienne de Bristol en pleine forme avec son précédent disque nommé Big Picture il y a trois années de cela qui nous avait réconforté comme jamais. Allons savoir ce qu’elle nous a réservé pour ce nouveau cru qui s’intitule Win Win.

Basée désormais à Brooklyn, Fenne Lily continue de gagner de l’assurance et cela se ressent parfaitement pour ce quatrième disque. Inspirée par son récent chagrin d’amour, la musicienne britannique cicatrise ses plaies de la plus belle des manières, à savoir en musique. Et elle ouvre grand les portes de son jardin secret bouleversé avec les influences beaucoup plus alt-country qu’à l’accoutumée qui se font bien entendre sur le morceau d’ouverture nommé « Uh Huh » (« Does it hurt to think about it ? Uh huh / ‘Cause you really thought about it ? Uh huh », chante-t-elle) avant de prendre de la hauteur avec d’autres compositions aux arrangements riches telles que le déchirant « Room To Room » et l’immersif « Sleeping » où elle laisse parler sa rage de façon gracieuse. Au lieu d’être dans la revanche et le goumin, elle voit cette rupture sous un autre angle tout au long de ce Win Win où elle fait preuve de lucidité de long en large.

Aussi contemplatif que terre-à-terre, Fenne Lily semble trouver la raison après une épreuve difficile et fait preuve de grande maturité. C’est notamment le cas lors des écoutes de l’acoustique « Waterslide » qui côtoie des compositions beaucoup plus lumineuses que sont « Stranger Things » avant de basculer vers des émotions lorgnant vers la culpabilité et les remords sur « Thank You Sorry » et « Franz ». Sur Win Win, la musicienne britannique traverse une tempête émotionnelle qu’elle arrive à gérer avec tant de grâce et elle réussit à surmonter cette épreuve avec entre autres des derniers moments thérapeutiques que sont « Cupboard Song » ou bien même « In Life and on Planes » où elle règle ses comptes pour de bon et se choisit elle ainsi que sa propre paix (« You say you feel stupid, well so do I […] Now I know everything I know », chante-t-elle). Une chose est sûre, c’est que Fenne Lily signe un retour gracieux avec ce nouveau disque plus chaleureux et réconfortant où elle ressort grandie des expériences douloureuses pour briller de mille feux.

Note: 8/10