
Il y a cinq années de cela, Tommy Lefroy était sorti des sentiers battus avec leur premier EP nommé Flight Risk. Dès lors, la machine est lancée pour le duo: plus de 100 millions de streams comptabilisés sur Sp*tify, une victoire au JUNO Awards à la clé ainsi que des tournées aux côtés de Sigrid, rien que ça. Que rêver de mieux ? C’est cinq années plus tard que la formation décide d’écrire la suite de l’histoire avec leur nouveau long-format intitulé The Precariat.
Wynter Bethel (originaire du Michigan) et Tessa Mouzouraki (originaire de Vancouver) retroussent leurs manches et nous entraînent dans un périple musical émotionnel et riche en sensations fortes. The Precariat s’ouvre sur un « All Things Forgiven » absolument intense où ils iront explorer l’anxiété générale qui traverse le contexte sociétal actuel avant d’enfoncer le clou avec « Angel In The House » qui ira tacler le mouvement tradwife mais aussi « Thief » absolument ensorcelants. Le songwriting du duo est à souligner car ils offrent un certain remède à l’incertitude qui persiste de nos jours.
The Precariat poursuit avec entre autres « Slush Puppy » et « Anomie » où Tommy Lefroy convoque midtempos lancinants aux thématiques évocatrices et sardoniques telles que la surconsommation ou la précarité qui touche plus d’un et qui aura tendance à isoler les individus. A travers l’interprétation riche en émotions de Tessa Mouzouraki et les arrangements organiques qui l’accompagnent, on se laisse facilement emporter par cette grâce majestueuse de ce disque aussi vindicatif que bouleversant, notamment sur « Turbulence Over Canada » ou sur « God Bless Michigan » et « Rokeby Venus ». Ajoutez ceci à un « Vacuum » des plus magistraux et vous obtiendrez un disque chaleureux et réconfortant qui répondra aux maux de notre époque de la plus belle des manières, et c’est sans compter sur le talent de Tommy Lefroy.
Note: 8/10
