Blood Orange – Freetown Sound

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Depuis la parution de son très bel album Cupid Deluxe fin 2013, il s’en est passé des choses pour Blood Orange. Entre des collaborations fructueuses avec Solange Knowles (sœur de), Carly Rae Jepsen (gloups) ainsi que Gia Coppola, l’Anglo-américain Dev Hynes était l’homme de la situation. Cependant, à cause des bavures policières qui font rage aux Etats-Unis, le touche-à-tout nous présente un troisième album du nom de Freetown Sound, alias la bande-originale dédiée à la communauté afro-américaine qui subit de plus en plus d’effroyables injustices chaque jour qui passe.

Trayvon Martin, Mike Brown, Eric Gardner, Sandra Bland et plus récemment Alton Sterling: tous ces symboles afro-américains ont été victimes de violences policières qui leur ont coûté la vie. Comme le désormais cultissime To Pimp A Butterfly de Kendrick Lamar l’an dernier, Blood Orange défend la cause noire américaine, d’une part en mettant en avant ses origines (le titre de l’album vient tout simplement de la ville de Sierra Leone où est né son père) et d’autre part par ses ambiances acidulées où funk, R&B, pop et soul font bon ménage. Après une introduction au piano et au saxophone « By Ourselves » où surgit un sample d’un discours d’Ashlee Haze sur le féminisme, qu’il est bon d’être envoûté par des moments enrobés comme « Augustine » traitant de la religion où Dev n’hésite pas à chanter en krio (une des principales langues du Sierra Leone), « Best To You », « Love Ya » et autres « But You » où l’on se croirait plongés dans les années 1980, sans tomber dans le kitsch.

Freetown Sound verra l’occasion de faire intervenir plusieurs femmes tout au long, vu que l’introduction « By Ourselves » est une ode au féminisme, donc logique. Ainsi, on entendra la voix de Carly Rae Jepsen sur le rythmé « Better Than Me », Empress Of sur l’électro-pop endiablé de « Best To You », Debbie Harry sur le funk princier efficace de « E.V.P. » sans oublier Nelly Furtado sur « Hadron Collider ». Que du beau monde, me diriez-vous. Et oh, il y a même Kindness qui est au sampling sur « Thank You » aux sonorités que n’auraient pas renié le King of Pop (pas un hasard si un de ces portraits se glisse sur la pochette), Porches à la guitare acoustique de la conclusion enchanteresse « Better Numb ». Donc oui, ce troisième album est notable pour son message fort à travers ses textes dénonciateurs comme sur le funk nostalgique « Desirée », « Hands Up » avec sa fameuse référence au slogan « Hands up, don’t shoot » de l’association Black Lives Matter sans oublier une ode au tragique meurtre de Trayvon Martin.

Dommage cependant qu’il n’ait pas inclus les singles « Do You See My Skin Through My Flames » et « Sandra’s Smile » dans la tracklist, mais c’est mieux que rien. Si il faudra émettre une comparaison pour Freetown Sound, c’est un mix entre To Pimp A Butterfly et Paul’s Boutique, à cause de ces samples en vrac placés en fin de morceau (bien vu le sample de « Stakes Is High » de De La Soul à la fin de « Thank You » au passage), d’interludes et autres extraits d’interview de Vince Staples et Ta-Neishi Coates. Blood Orange arrive à toucher et sensibiliser son auditoire avec une thématique plus qu’actuelle mais qui nous encourage à s’accepter tel qu’on est (« Mon album est pour tous ceux qui se disent pas assez Noir, trop Noir, pas assez queer, pas queer de la bonne façon, les dévalorisés. C’est leur vengeance », dira-t-il). Malgré son côté trop soft, Dev Hynes a parfaitement éveillé les consciences actuelles.

Note: 9/10

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