Preoccupations – Preoccupations

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Oubliez Viet Cong et accueillez maintenant Preoccupations. Le quatuor canadien qui a sorti un excellent premier album (chroniqué ici) et qui figure parmi les tops des meilleurs albums de 2015 s’est pris un énorme coup de pression et a été obligé d’abandonner le nom du groupe car jugé provocateur et raciste. Du coup, ils se nomment Preoccupations et présentent cette année leur second album éponyme, toujours sur le label Jagjaguwar.

Personnellement, je trouve cette mini-polémique quelque peu absurde et inutile. Je veux dire, comment peux-tu supplier un groupe de changer de groupe sous prétexte que ça rappelle les heures sombres de notre histoire ? Qu’est-ce que ça peut nous foutre sérieux ? Ils l’ont peut-être choisi par pur hasard et puis c’est juste un nom de groupe, maladroit certes mais quand même ! Quand des groupes comme Led Zeppelin ont choisi leur nom, personne n’a ouvert sa gueule à l’époque, à ce que je sache, non ? Les mœurs sont tellement sensibles de nos jours, c’est pas croyable, merde ! Bref, j’évite de polémiquer longtemps car je risque de me faire insulter mais l’heure est venu de parler de ce second album éponyme. Qu’est-ce qui a changé depuis l’an dernier pour nos quatre Canadiens ?

Il suffit d’écouter l’excellent premier titre « Anxiety » pour constater l’évolution avec sa longue introduction cotonneuse et inquiétante . Viet Cong euh… Preoccupations poursuit son odyssée du post-punk tout en ajoutant des sonorités électro 80’s pour faire du neuf. Ambiance acide et poussive au programme mais qui vaut tout de même le détour avec l’enivrant « Monotony » et son parfait enchaînement « Zodiac » où les boîtes à rythmes, les claviers et les guitares oppressantes sont le credo de ce second opus. Sans compter bien sur la voix détachée et venue d’Outre-Tombe de Matt Flegel qui reflète toutes ses préoccupations (ah !) et ses idées noires survenues après la grosse tournée de l’an dernier qui a bien épuisé mentalement le groupe parfaitement reflétées sur des titres comme les rythmes enlevés de « Degraded » et même « Stimulation ».

Ce qui a fait la force du premier album, c’est son côté post-punk tendu et cérébral mais mélodique consistant de A à Z. Pour ce second album, Preoccupations viendra s’aventurer dans des territoires new-wave et coldwave. Un choix audacieux certes mais qui donnent une étrange sensation d’inachevé, comme en témoignent les « Sense » et « Forbidden » ne dépassant la minute 30 mais fourmillant pourtant de bonnes idées. On s’attend à une épopée fantastique avec la pièce centrale « Memory » durant 11 minutes divisé en trois parties. Une première partie mélodique avec sa rythmique hypnotique, sa ligne de basse métronomique et ses magnifiques arpèges de guitare qui se poursuit et mue envers une seconde partie plus mécanique avec une boîte à rythme répétitive, des claviers vaporeux ainsi que le chant céleste de Flegel avant que la dernière partie ne soit entièrement instrumentale et totalement ambient alors qu’on attendait à une explosion sonore et énergique à l’image de « Death » dans leur premier opus. On imaginait également une fin d’album costaude mais avec « Fever », il en est autrement, satisfaisant certes mais sent quelque peu l’inachevé. Quoi qu’il en soit, Preoccupations a réussi sa surprise et même si il n’arrive pas vraiment à la cheville de son prédécesseur, ils montrent toute l’agilité à varier son style de musique. En espérant qu’ils vont garder leur nom de scène cette fois-ci.

Note: 8.5/10

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