Weyes Blood – Front Row Sea To Earth

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Plus besoin de rajouter quoi que ce soit sur Weyes Blood. L’ex-guitariste du groupe de noise rock Jackie O Motherfucker en a accompli du chemin avec sa carrière solo et elle a de quoi être fière. Elle a publié un très beau premier album The Innocents en 2014 (chroniqué ici) et un EP de 4 titres inédit nommé Cardamom Times l’année suivante (chroniqué ici) et à chaque sortie, elle intriguait et hypnotisait grâce à sa musique folk gothique réminiscente des années 1960-1970 et sa voix de contralto absolument touchante. La femme fatale de la scène indie folk américaine en rajoute une couche avec son second opus Front Row Sea To Earth où elle pousse le vice un peu plus loin.

On sait d’avance qu’on allait être conquis avec cette nouvelle trouvaille vu que l’on connaît son univers. Mais chut, la messe commence avec « Diary » qui comprend des notes de piano cristallines et ses notes de harpe qui complètent ce tableau harmonieux donc prêtez attention aux instrumentations plus ambitieuses et plus définies qu’à l’accoutumée, à l’image de « Used To Be » par exemple faisant intervenir le piano et l’orgue Hammond. Maintenant que l’on prête attention à ce nouveau disque, c’est parti pour un défilé de chansons aussi bouleversantes les unes après les autres, à l’image du poignant « Do You Need My Love » (où on a envie de lui répondre oui) ou encore la pièce maîtresse de l’opus qu’est « Generation Why » avec ses notes de guitare malicieusement pincées qui est une critique acerbe de la génération Y et des effets néfastes des réseaux sociaux sur la société. Le thème est peut-être du déjà entendu mais comme c’est Weyes Blood, le message paraît plus efficace et plus réaliste.

C’est avec cette chanson que Front Row Sea To Earth prend tout son sens. L’artiste new-yorkaise ne se contente pas de faire du folk des décennies passées mais préfère adhérer dans une continuation issue de successions intergénérationnelles. Et elle n’a pas froid aux yeux lorsqu’il s’agit de sortir des sentiers battus, notamment sur « Can’t Go Home » qui est tout simplement constitué d’une chorale faite de sa propre voix samplée, tout ça pour nous émouvoir à nouveau. Et elle réussit dans ce registre, surtout à côté des ritournelles folk plus conventionnelles de « Be Free », « Seven Words » ou encore « Away Above » qui se révèlent à cours d’écoutes répétées. Sa magie reste infaillible.

Avec l’aide de Chris Cohen à la production, Weyes Blood impressionne une troisième fois mais elle fait preuve d’une meilleure maîtrise dans son univers musical. Front Row Sea To Earth est tout simplement une grande messe de folk intemporel où la prêtresse new-yorkaise balance vérités sur vérités concernant les relations amoureuses complexes, la difficulté à trouver sa place dans le monde et une génération vouée à l’échec mais le fait avec une grande classe en mettant en avant le côté lyrique qui lui sied à merveille. Pas pour rien que son troisième opus soit son meilleur et un des meilleurs de cet automne.

Note: 9/10

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