TOY – Clear Shot

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TOY en a fait du chemin pour devenir un des groupes britanniques références de cette décennie. Avec leur premier album en 2012 et leur second album hypnotique et insolent Join The Dots l’année suivante, les petits frères spirituels de The Horrors ont réussi à sortir de l’obscurité et iront jusqu’à collaborer avec Natasha Khan (Bat For Lashes) et le producteur Dan Carey pour le side-project intrigant Sexwitch (chroniqué ici). Bref, ce CV musical mis à jour est alléchant et il est complété par l’arrivée d’un troisième album Clear Shot attendu en grandes pompes.

Ici, il y a un petit changement: exit Dan Carey à la production, place à David Wrench à la production et Chris Coady au mixage. Exit également Alejandra Diez, place maintenant à Max Oscarnold aux synthés. Au final, avec ce changement de line-up, que vaut ce Clear Shot ? Un disque de TOY quelque peu plus pop et onirique qu’auparavant mais toujours aussi psychédélique à l’image du lancinant « Another Dimension » avec ses changements de rythme ou encore le ténébreux « Fast Silver » faisant écho aux Doors à cause de ses claviers trippy mis en avant aux côtés des riffs implacables sans oublier le jangle-pop céleste et enjoué « I’m Still Believing ». Un peu de lumière dans leur musique ne fait jamais de mal, mais écoute-t-on un disque de TOY pour autant ?

Beaucoup viendront se demander où est passé le côté dark et inquiétant qui a fait la marque de fabrique du groupe. Pas de panique, des titres plus angoissants sont à souligner comme « Jungle Games » et « Dream Orchestrator » qui est, à coup sur, le chef-d’oeuvre de l’opus pour son côté progressif et son final surpuissant. « Spirits Don’t Lie » ainsi que le très noir « Cinema » ravira les aficionados de Join The Dots grâce à ses claviers bien flippants et ses guitares sacrément lo-fi qui vous fileront la chair de poule pendant 7 minutes. La progression musicale de ce dernier morceau installe une ambiance étrangement cinématique et c’est avec joie que l’on s’aperçoit que les Britanniques n’ont pas perdu leur verve.

Il ne fait aucun doute que Clear Shot constitue un album de transition pour TOY. Après un début pour le moins lumineux et quelque peu surprenant, le quintet de Brighton invoque les esprits des deux premiers albums afin de ne pas oublier sa zone de confort et de ne pas désorienter les fans. Cependant, on aurait aimé une bonne prise de risque et plus de liberté artistique car on a vraiment l’impression que Tom Dougall et ses compères commencent à se reposer sur leurs lauriers.

Note: 7/10

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