Fishbach – A ta merci

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Ça va faire, je pense, des mois et des mois qu’on n’arrête pas de parler de Fishbach. Vous n’êtes pas abri de la hype autour de la mamzelle et moi non plus d’ailleurs. Alors la fois où je voyais mes compères s’extasier et louer comme le Seigneur sur sa musique en parlant de A ta merci comme « le meilleur album de pop française de tous les temps, n’en déplaise à Kanye », je me dis qu’il fallait que je cède à la curiosité. Donc je me suis caché dans un coin de ma chambre pour l’écouter et voici ce que je pense de ce premier album tellement « magnifaïque que je peux en pleurer ohmagade ».

Ce qui fait que le monde entier a des yeux pour elle, c’est le fait que Fishbach est l’une des lauréates des Inouïs du Printemps de Bourges de 2016, du Fair 2017 et meilleure révélation des Transmusicales de Rennes de 2016. Ça vaut bien plus qu’un Ballon d’Or ou un titre de MVP à la NBA. Bon plus sérieusement, elle est l’une des grandes promesses du label Entreprise (Grand Blanc, Lafayette, Bagarre…) et a publié un premier EP en 2015 et a enivré pas mal de monde avec sa musique à mi-chemin entre new-wave et chanson française. D’ailleurs, quand j’ai écouté A ta merci, j’ai pas pu m’empêcher de penser à du Catherine Ringer qui aurait pris 30 ans de moins au max. Et pourtant, ça fait son effet surtout lorsqu’on écoute des titres plutôt sympathiques comme « Ma voie lactée » qui ouvre l’opus ou encore la pop mystique de « Y crois-tu » et les dansantes « Un autre que moi » ou « Le château » avec son ambiance de maison hantée style Les Démons de Minuit.

Hormis l’influence de la grande dame Ringer au niveau de la voix (mais bordel, la ressemblance est grave troublante), on y retrouve du Etienne Daho (« Éternité », « Le meilleur de la fête »), le romantisme de Françoise Hardy (la ballade bien éloquente de « Un beau langage ») ainsi que les textes poétiques dignes de Christophe mais avec le sens de la punchline en plus. Même si ces textes gravitent autour de la mort, Flora n’hésite pas à l’incarner et à la personnifier comme sur le rythme pulsatif et son riff de clavecin de « On me dit tu » quitte à la rendre burlesque (« On me donne la mort, on me dit tu, on m’imagine à tort, on me dispute encore ») ainsi que sur la déjà très connue qui est le dancefloor futuriste de « Mortel » (« Jamais rien vu d’aussi mortel que ces tirs au hasard »). Passant de l’euphorie la plus totale à la mélancolie la plus badante avec « A ta merci » qui clôt le grand bal à coups d’accords de guitare électrique et de notes de xylophone avec cette sentence finale qui est « Si je demeure à ta merci, il n’y a pas l’ombre d’un souci, je tombe », quelque chose nous fait dire que c’est plutôt nous qui sommes à sa merci avec son premier album.

Encore une fois, la réaction des médias peut paraître disproportionnée lorsqu’il s’agit d’évoquer le premier album de Fishbach. Il est clair que la française dégage énormément de charisme quand elle incarne la mort par exemple en évitant d’en faire trop à chaque fois. Avec ses compositions qui sentent le revival des années 1980, Flora nous embarque dans son monde à la fois mystique, fascinant mais toujours aussi troublant et original. C’est justement pour ça que ça marche aujourd’hui en fin de compte. Mais j’ai le pressentiment qu’elle connaîtra un succès quasi-similaire à celui de… ahem… Christine & The Queens ?

Note: 7.5/10

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