Sampha – Process

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SBTRKT, Jessie Ware, Katy B, Drake, Kanye West, FKA Twigs, Solange… Tous ces artistes ont un point commun: Sampha Sisay. Le chanteur originaire de South London a réussi à se faire un nom grâce à ses collaborations prestigieuses et ingénieuses. Ce qu’on retiendra de lui, c’est une voix soulful à la beauté fragile et pure totalement reconnaissable entre mille. Il ne manquait plus qu’un premier album pour confirmer tout son génie. Et bien aussitôt réclamé aussitôt exécuté car l’heure est venu de se réchauffer avec Process, son premier album solo attendu depuis belle lurette maintenant.

C’est avec une grande hâte que l’on découvre ce que nous réserve le prodige Sampha. Process est l’aboutissement de deux années de travail qui retranscrit parfaitement l’univers musical du londonien où la soul et le R&B organique se frottent aux atmosphères électroniques tantôt glaciales tantôt chaleureuses. Dès « Plastic 100°C » contenant un sample de Neil Armstrong (« I’ll work my way over into the sunlight here looking directly into the sun »), on rentre directement dans du concret avec son atmosphère hanté et le falsetto parfait du londonien. Il est suivi de près par le rythmé « Blood On Me » avec ses percussions bien endiablés et son ambiance bien angoissante.

Sampha nous livre son autobiographie de façon honnête et impudique où il nous dévoile enfin ses blessures du passé et nous explique à quel point la mort a été présente dans son entourage. Pour ceux qui ne savent pas, son père était décédé tout comme sa mère pour laquelle il lui dédie la magnifique ballade crève-cœur « (No One Knows Me) Like The Piano » touchante par son texte honnête et plein de regrets mais aussi sur « Take Me Inside » où les sonorités acoustiques se font adouber par d’autres plus expérimentales. En fait, ce dernier sert de tremplin par rapport à la progression de la voix du londonien gagnant de plus en plus en énergie, comme sur les rythmes soutenus de « Reverse Faults », le lancinant « Under » ainsi que l’incroyablement groovy « Timmy’s Prayer » (aucun rapport avec le « Timmy Turner » de l’autre abruti congénital) contenant un sample de The Chi-Lites. Il ne manque plus qu’un dernier tour de passe-passe avec la soul électronique déroutante mais géniale de « Incomplete Kisses » ainsi que la conclusion vibrante remplie de nostalgie intitulée « Why Shouldn’t I Be ? » où l’artiste se pose pleins de questions et met en lumière tous ses regrets par rapport à son choix d’entamer sa vie d’artiste au détriment de son entourage. Et quel choix audacieux de clore Process de ce genre !

Ce premier album solo de Sampha est bien plus qu’un disque, c’est un monument de ce début d’année sur lequel l’artiste londonien retrace son parcours allant aussi bien dans ses influences musicales que sa vie personnelle tumultueuse mais enrichissante. Et plus on avance dans l’album, plus on avance vers l’optimisme et moins dans le contemplatif. Quoi qu’il en soit, il est très dur de rester insensible face à Process car il nous prend aux tripes à cause de ses morceaux intemporels et de sa voix foutrement émouvante. Le bonhomme a montré encore une fois tout l’étendard de son talent et l’a exécuté avec génie.

Note: 10/10

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