Kid Wise – Les Vivants

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Avec leur magnifique premier album L’Innocence paru en mars 2015 (et chroniqué ici), beaucoup ont misé leurs espoirs sur Kid Wise. Il faut dire que le sextet indie pop toulousain a placé la barre très haute avec leur mélange de post-rock, de dream-pop et de musique cinématographique, à un tel point qu’une de leurs chansons de l’album (« Ocean ») a illustré une campagne publicitaire de Carte Noire. Forcément, avec tout ce succès, il n’est pas évident de donner une suite digne de ce nom. Et bien, rassurez-vous, les six larrons vont frapper encore plus fort avec leur second opus Les Vivants, son digne successeur.

Augustin Charnet et ses acolytes tirent son inspiration avec les attentats qui ont frappé le sol français entre 2015 et 2016, mais surtout celles du 13 novembre 2015. Comme il le dit dans une interview pour l’AFP: « On a fait un concert deux jours après à Lille. C’était très tendu, les gens avaient envie d’être vivants. On y a pensé pour faire ce disque. Ça a chamboulé l’album, le titre est venu de là ». Connaissant leur goût pour les atmosphères lyriques et dramatiques, on sent qu’on a affaire à du géant sur cette seconde livraison. Et on ne s’est pas trompé car « Bones » ouvre le bal et implante une ambiance sombre à souhait à la rythmique cathartique et aux notes de piano vaporeuses mais éclaircie par la voix d’ange d’Augustin. Il est suivi des élégants « Anchors » et « Shelter » qui sont du 100 % Kid Wise avec le côté aérien et enjoué en prime, sans oublier l’extatique « Hold On » où Augustin mélange le français sur les couplets et l’anglais sur les refrains.

Si il y a une différence notable entre L’Innocence et Les Vivants, c’est que les nouvelles compositions sont plus éthérées qu’auparavant. En fait, on a l’impression que Kid Wise suit plus la lignée d’After Marianne, autre mini-groupe des Toulousains (chroniqué ici) que celle du premier opus, et son influence se fait incroyablement ressentir sur les ballades pop de « Loin de l’autre » et « The Other Side » qui prennent tout leur ampleur. Toutefois, n’oublions pas l’aspect conceptuel de ce nouvel album qui est divisé en deux parties: une première centrée sur la mort et une seconde centrée sur la vie avec comme intermède « Le passage » à la guitare électrique signifiant l’écart des deux mondes. Et c’est justement la seconde partie qui arrive à nous émouvoir très rapidement avec la pop orchestrale de « Red Light » et la seconde partie instrumentale du morceau-titre qui contraste avec le titre rock pêchu de « Free Your Mind » au refrain très stadium marqué par ses « Oh-oh-ohhhh » frénétiques et son final apocalyptique. Cette grande cérémonie se clôt avec « Ascension » qui monte en puissance petit à petit jusqu’à ce que tous les instruments s’emballent et explosent pendant un bon moment avant de laisser place à un coda pour le moins intrigant, un peu à l’image de la pochette où un homme nu tombe du ciel.

Le passage de la mort à la vie est parfaitement représenté sur cet album mais c’est sans compter sur le style progressif et cinématographique de Kid Wise. Encore une fois, les Toulousains prouvent qu’ils sont un jeune groupe avec une très grande maturité musicale et ce, malgré ce manque de surprise par rapport à leur prédécesseur. Les Vivants est plus cohérent et moins expérimental que L’Innocence mais reste un très grand cru de la part du sextet.

Note: 8.5/10

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