Dirty Projectors – Dirty Projectors

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Il s’en est passé des choses sur la planète Dirty Projectors, de bonnes comme de mauvaises. Suite à la sortie de leur second chef-d’oeuvre intitulé Swing Lo Magellan en 2012, de nombreuses opportunités se sont offertes pour Amber Coffman. La chanteuse et guitariste du groupe a pu collaborer avec de grosses pointures comme Major Lazer, J. Cole et Snoop Lion entre autres. Dès lors, l’avenir du groupe semblait bien obscur, jusqu’à ce jour de septembre 2016 où ils effectuent un grand retour avec leur nouveau titre « Keep Your Name », interprété uniquement par David Longstreth. Mais Amber dans tout ça ?

Ah ben vous ne le savez peut-être pas: Amber Coffman et Dave Longstreth étaient en couple et se sont séparés. On peut deviner qu’elle a quitté le groupe laissant le pauvre Dave à bord du navire Dirty Projectors. En fait, il est tout seul comme un sans-ami sur ce nouvel album et il nous le fait savoir à travers ces neuf nouvelles compositions. Et c’est plus facile de plonger dans la psychologie du new-yorkais qui a été terriblement affecté par cette rupture via le premier morceau « Keep Your Name » qui s’ouvre sur des sons de cloche. On peut imaginer qu’il voulait épouser la tête brûlée que fut Amber mais que ces projets soient tombés à l’eau (« I don’t know why you abandoned me, you were my soul and my partner, what we imagined and what we became, we’ll keep em separate and you keep your name », chante-t-il sous sa voix déformée). Sur un sample de Dan Deacon et d’un morceau du groupe « Impregnable Question » autour d’un piano et de percussions mystiques, il nous chante son désespoir et son incompréhension face à cette situation.

Plus loin, il ira comparer cette rupture à un violent crash d’avion sur les rythmes fascinants et turbulents « Death Spiral »avec un Dave qui utilise l’Auto-Tune (« Our love is in a death spiral »), ira montrer ses différences entre lui et son ex-dulcinée sur « Up In Hudson » avec son intro qui ressemblerait étrangement à une composition de 22, A Million de Bon Iver (« Now we’re going our separate ways but we’re still connected/You’ll go forward and I’ll stay the same ») ou ira nous raconter ses phases dépressionnaires sur le magnifique « Little Bubble » aux cordes élégiaques (« It’s not enough, whatever I dreamed of /Dreams are dumb and meaningless like the days they refract/Blurred and dull, empty and sad/ I want to sleep with no dreams, I want to be dead »). Tout laisse à penser que ce n’est pas la joie dans sa tête et il exprime avec sa voix totalement élastique qui serait capable de remplacer son ex. Sur ce nouvel album et mis à part l’électro-folk autotunée de « Ascent Through Clouds » (et son pont instrumental bizarroïde), après avoir collaboré avec Kanye West (qui est la principale influence de l’opus), Rihanna, Solange (sœur de), il s’exprime et assume totalement ses influences R&B mais avec la touche expérimentale qui va avec sur « Death Spiral », « Little Bubble », « Winner Take Nothing » où il utilise son falsetto mais aussi sur les sonorités caribéennes et glitch de l’excellent « Cool Your Heart » chanté aux côtés de D∆WN (et co-écrit aux côtés de Solange).

Il faudra attendre à une touche d’espoir sur le dernier morceau « I See You » aux orgues d’église où Dave Longstreth relève la tête suite à cette rupture douloureuse. Bien évidemment, ce nouvel album de Dirty Projectors n’est pas du même acabit que Bitte Orca ou Swing Lo Magellan, on saluera tout de même l’ambition du New-Yorkais de vouloir réinventer le son du groupe tout seul, ce malgré quelques moments un peu trop tordus (« Work Together » trop Animal Collective dans l’ensemble). Lui qui se plaignait du fait que la scène indie rock américaine était devenue « bad and boujee » (raindrop, crop top, tout ça tout ça…) se tourne vers le R&B alternatif et expérimental pour chanter sa complainte et espère que sa belle Amber revienne vers elle. Bah il y a de fortes chances puisque cette dernière prépare son album solo dont le premier extrait diffusé en septembre dernier fut co-produit par… Dave Longstreth qui, en plus, assure les chœurs. C’est à se demander si ils nous prennent pas pour des cons, parfois.

Note: 8/10

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