Atili Bandalero – Cityscape

Toujours aussi invincible dans son domaine, Atili Bandalero continue à gravir les échelons en matière de reggae digital. Le « grand frère » de Biga* Ranx nous a laissé un magnifique et poétique album du nom de Bridge Over Troubled Dreams l’an dernier où Prendy assurait les parties vocales (chroniqué ici) et qui a figuré dans mes tops 2016. A peine que l’on venait de redescendre sur Terre grâce à cet opus, voilà que le beatmaker tourangeau récidive avec un septième (!) album intitulé Cityscape.

Contrairement à Bridge Over Troubled Dreams et à Nightlife avec Joseph Cotton, ce nouvel album comporte beaucoup plus d’invités et n’hésite pas à se rapprocher de Closed Circuit dans ce rayon-là. Et ce n’est pas un hasard si la première voix que l’on entend est celle du légendaire chanteur jamaïcain Cornell Campbell sur le riddim épuré et synthétique de « Lay Down » agrémenté du mélodica d’Art-X. Le vapor dub d’Atili Bandalero reste toujours aussi intact et s’avère plus futuriste et plus rythmé qu’à l’accoutumée avec les tueries stepper de « Bad Sound » et le très enlevé « Cool » chantés par le britannique Speng Bond.

Mais la véritable star de ce Cityscape, en plus des productions frôlant une nouvelle fois la grande classe du beatmaker tourangeau, c’est bien évidemment le rappeur britannique Tenah Bones qui répond à trois reprises sur le planant « Total Recall » qui parle de ses fantômes qui le hantent, sur l’excellent single « Please » où il s’essaie au spoken dub mais aussi sur la conclusion minimaliste « DYG » osant l’Auto-Tune, sans oublier l’espagnol Lasai sur « Open My Eyes » et « My Life ». D’autres moments à soulever sur ce septième opus comme le rub-a-lounge éthéré de « Floating » avec son acolyte Prendy (qui n’aurait pas démérité sa place sur son album précédent) qui contraste aux tunes plus énergiques « Samaritan » avec George Palmer (qui a collaboré avec Manudigital, un autre beatmaker rival de notre hôte), « Roadblock » interprété par Double Tiger du crew Tour de Force ou encore, cerise sur le gâteau, « Travelling Man » conviant les titans Don Camilo et Dapatch pour un son plus que massif !

Artistiquement parlant, Cityscape se situe entre le côté explosif qui en met plein la vue de Closed Circuit et l’aspect poétique de Bridge Over Troubled Dreams mais avec un soupçon de futurisme en plus. Si Atili Bandalero s’avère être à l’aise dans sa zone de confort, on appréciera bien mieux son rub-a-lounge ou vapor dub avec une prise de risques qui n’aurait pas été de refus. Pour le moment, le producteur tourangeau prouve qu’il reste encore l’un des meilleurs et prolifiques de la scène hexagonale.

Note: 8.5/10

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