Baio – Man Of The World

Il y a deux ans, Baio, le bassiste de Vampire Weekend a surpris son entourage avec son premier album The Names aussi bien dansant que romantique (chroniqué ici). Avec Rostam qui a quitté le navire l’an dernier, c’est un des seuls membres qui réussissent aussi bien en solo comme le charismatique Ezra Koenig et contrairement à Chris Tomson avec son projet solo Dams of The West (dont je reviendrais plus tard). Comme il a vu que ça a marché pour lui, le bassiste dandy rempile avec un second disque Man Of The World dans la lignée de son grand frère.

On retrouve les recettes qui ont fait son petit succès en 2015, à savoir des morceaux électro-pop entêtants et la voix grave incroyablement charmante et irrésistible de Baio à l’image de « Vin Mariani », « Out of Tune » avec ses cuivres synthétiques et autres « PHILOSOPHY ! » avec son riff funky. Passant en revue l’année merdique que fut 2016, le bassiste/DJ impressionne pour l’intelligence de ses textes et décide de décortiquer tout ce qui a pu nous tomber dessus cette année-là avec la pièce maîtresse de l’opus qu’est le très sombre « DANGEROUE ANIMAL », le morceau-titre ainsi que les intonations électro-dub de « I’m Not Curious ».

Le second album de Baio permet de voir un autre visage du new-yorkais plus contemplatif et plus humain qu’à l’accoutumée. Lorsqu’il évoque le traumatisme général en ce funeste jour du 9 novembre 2016 sur la seconde pièce maîtresse « Shame In My Name » où l’on arpente les territoires krautrock et afro-pop, il exprime son mécontentement et celui de son peuple de façon très humble et touchant à travers des lignes comme: « Ever since the trauma, I’ve been living a new life/I’m having trouvle eating and I’ve barely slept at night/I know I’m deeply privileged to be losing just my mind/I’m fearful for the bodies of the vulnerable and kind/I’ve got shame in my name ». Bien entendu, le côté romantique n’a pas disparu pour autant, on le retrouve sur la conclusion poppy nommée « Be Mine » qui a pour tâche de clore ce Man of The World sur une note plus légère.

Une fois de plus, Baio continue de creuser son propre sillon, passant de bassiste d’un des meilleurs groupes indie rock new-yorkais du moment à DJ et chanteur dandy en un clin d’oeil sans se louper. Moins dansant et plus réfléchi, Man of The World permet de faire un état sur le monde afin de préparer un meilleur avenir même si cela semble peu probable. Et sinon, le quatrième album de Vampire Weekend, c’est pour quand ?

Note: 7.5/10

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