Fred Thomas – Aftering

Un des actes les plus discrets de la scène indie rock underground se nomme Fred Thomas mais il est à surveiller de très près. On avait déjà senti quelque chose de très grand sur ces albums précédents que furent All Are Saved en 2015 et Changer l’année dernière (chroniqué ici). Le natif de Detroit décide d’accélérer la cadence avec son nouvel album nommé Aftering.

Sous une ambiance de fin du monde, ce nouvel album ira marquer un grand coup dans la discographie de Fred Thomas. Résolument conceptuel, Aftering (inspiré de l’album On The Beach de Neil Young selon ses dires) donne l’occasion à son auteur de jeter un regard sur le monde et décide de mettre en musique son avis sur l’état dans lequel nous vivons actuellement. Débutant sur un inquiétant « Ridiculous Landscapes » conviant Common Holly et Dominic Coppola, il explique sa décision de s’exiler du reste du monde pour ne pas être aliéné.

Suite à cela, on est embarqué dans une odyssée indie rock avec des morceaux fuzzy et implacables comme « Alcohol Poisoning », « Hopeless Ocean Drinker » et « Good Times Are Gone Again » traitant des addictions où une poussée énergétique se dégage sur ces morceaux plus courts. Beaucoup sont conviés à partager l’avis de Fred Thomas comme la vedette de 2018 qu’est Anna Burch sur l’enlevé « Altar » ou encore la douce voix d’Ashley Hennen sur le méditatif « Slow Waves » où il se remémore que ses concerts lui suffisent pour payer ses loyers. Dommage que Stef Chura ne soit pas convié pour cette oeuvre dense n’empêche.

Quoi qu’il en soit, Fred Thomas dégage un brin de lucidité tout au long de ce Aftering notamment sur « Mother, Daughter, Pharmaprix » où la vérité frappe comme une évidence (« Her mother loves her so much that she is constantly terrified […] that she can’t say, what is everywhere/It is a shivering plea…in each of them »). Assurément son magnum opus parmi sa trilogie consistante.

Note: 8.5/10