Kindness – Something Like A War

On pourra dire ce que l’on veut de Kindness mais toujours est-il qu’il reste un des actes les plus sous-estimés de cette décennie. Adam Bainbridge n’avait plus donné signe de vie depuis son second album paru en 2014 maintenant. Cette fois-ci, c’est officiel, il nous revient en pleine forme avec son troisième disque intitulé Something Like A War.

Pour ce grand retour en fanfare, Kindness a décidé de privilégier les collaborations extérieures. Something Like A War (mixé par le toujours regretté Philippe Zdar) ira tracer la continuité de ses collaborations pour d’autres comme Solange ou encore Blood Orange pour un troisième opus de pop aussi bien serein que nerveux. Le musicien jamais avare en idées a eu la bonne idée de reléguer sa voix au second-plan pour privilégier d’autres personnalités extérieures comme la chanteuse Seinabo Sey reluisante sur « Lost Without ». On se dit qu’on va avoir affaire à un sacré disque.

Et on ne s’est pas trompé car Kindness redéfinit les codes de la pop avec ce subtil mélange d’électro-pop, de R&B alternatif et une pincée de musique du monde (comme sur « Samthing’s Interlude »). Cela donne des pièces taillées sur mesure comme « Raise Up » et « Softness As A Weapon ». Mention spéciale pour les influences new-jack swing jamais désuètes de « Dreams Fall » ceci dit où la voix de notre hôte est noyée sous une chorale fantaisiste. Adam Brainbridge trouvera l’occasion de faire croquer ses invités (féminins) comme Alexandria sur « Who You Give Your Heart To », Jazmine Sullivan sur « Hard To Believe » ou encore la prêtresse Robyn avec l’hypnotique « The Warning ».

Mais celle qui sort du lot est une revenante, la rappeuse de Philadelphie Bahamadia qui n’a rien perdu de sa verve calme et monotone sur le morceau-titre où elle réussit à se calquer sur le rythme toujours aussi changeant avec son flot se rapprochant de Roc Marciano. Something Like A War se veut être un disque de résistance par rapport à cette époque de plus en plus inquiétante. Il ne fait aucun doute que Kindness arrive à fasciner sur cette oeuvre dégénérée et inventive. Et tant pis si Pitchfork ne l’a pas vraiment en estime comme il clame, le musicien britannique continue sa lancée et fait briller son génie.

Note: 8/10