Speed Stick – Volume One

Quand on évoque Don Giovanni Records, on pense souvent à un roster orienté pop-punk comme 95% des groupes américains signés là-bas. Et bien, il peut arriver qu’il y ait des exceptions, la preuve avec Speed Stick. Il s’agit d’un superquatuor 100% Carrboro mené par Ash Bowle de Polvo, Charles Chace de The Paul Swest, Laura King de Bat Fangs et Thomas Simpson de The Love Language qui compte clairement sortir des sentiers battus avec leur premier album sobrement intitulé Volume One.

Entre rock expérimental, pop psychédélique sous influences et proto-punk, Speed Stick brouille les pistes pour leur plus grand bonheur. Et on embarque d’emblée avec « Protect Your Magic » à mi-chemin entre krautrock et noise avant-gardiste digne de Captain Beefhart et qui suit des influences plus indie punk à la Breeders comme « Knots » (et on ne dit pas ça à cause de Kelley Deal qui chante dessus) et « Pretty Sure ». Le superquatuor américain distille tous sortes de sonorités tout en restant cohérent, c’est peut-être ça leur force avant tout.

On n’est pas au bout de nos surprises car le trippy « Twin Collision » nous transporte dans les années 1960 qui est contrebalancé par le hip-hop old-school de « Lurk On Me » conviant le rappeur très rare Juan Huevos (qui lance tout de même la punchline malaisante: « I got white skin and a white weenie »). Speed Stick étonne pour sa liberté de penser bien avant Florent Pagny avec des morceaux instrumentaux que sont « Let It Shine » conviant Ryan Gustafson ou bien les plus pesants « And Again » conviant Nora Rogers et Jenny Waters et « Spleed Splick » mettant en avant la créativité de Clarque Blomquist clôturant ce Volume One de façon impressionnante.

Note: 8/10

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