Alt-J – The Dream

On a toujours du mal al réaliser que cela fait maintenant dix ans que le premier album d’Alt-J est sorti. On est tous d’accord pour dire qu’An Awesome Wave est un monument musical de cette décennie et qui a permis au désormais trio britannique de faire partie d’une des formations qui comptent d’emblée. Ce n’est pas pour rien qu’ils furent vivement attendus avec l’arrivée de leur quatrième album nommé The Dream.

Faisant suite à un Relaxer plutôt convenable paru il y a cinq années de cela maintenant (chroniqué ici), Alt-J nous plonge dans leur intimité en essayant de revenir aux bases de leur identité tout en se diversifiant musicalement. Le ton est donné avec le premier titre nommé « Bane » flirtant avec la trip-hop où l’on retrouve l’interprétation inimitable de Joe Newman au premier plan avant de renchérir avec les grooves modernes et tropicaux de « U&ME » et de « Hard Drive Gold » pour les moins inédits.

Vous l’avez sûrement compris mais The Dream est placé à la foissous le signe de la surprise et du déjà-entendu. Alt-J reste un brin trop confortable dans leur zone de confort que ce soit sur « Happier When You’re Gone » et « The Actor » nous offrant pas beaucoup de nouveautés avant que la ballade folk « Get Better » suffira pour nous émouvoir. Le trio de Leeds ouvre le champ des possibles avec les saveurs un brin électroniques du pesant « Chicago » avec un Joe Newman maîtrisant le falsetto ou plus baroques avec « Philadelphia » et si l’intention est louable, ceci n’est pas réellement mémorable. On appréciera tout de même le très soulful et lancinant « Walk A Mile » et la ballade bluesy de clôture nommée « Powders » vaporeuse et fragile.

En fin de compte, The Dream est une nouvelle preuve qu’Alt-J n’a rien perdu de son mojo qui avait fait son succès même si ce n’est plus vraiment la même chose qu’avant. L’absence de nouveauté et de surprise est plus que palpable et cet aspect hétéroclite est inégal par moments. Quoi qu’il en soit, le trio de Leeds est parti pour durer et pous nous enivrer coûte que coûte.

Note: 6.5/10