Steve Lacy – Gemini Rights

Personne n’a pu échapper à la tornade Steve Lacy. Le talentueux guitariste de The Internet a réussi à sortir de l’ordinaire avec une démo l’ayant rendu populaire ainsi qu’un premier album nommé Apollo XXI (chroniqué ici) où il distille avec brio ses influences entre indie rock, R&B, soul psychédélique et future funk. Après une flopée de collaborations mémorables, il est temps pour lui de faire son grand retour avec son successeur intitulé Gemini Rights.

De l’eau a coulé sous les ponts depuis son premier album. Steve Lacy a décidé d’abandonner ses méthodes DIY (plus d’enregistrements sur iPhone ou sur son ordi portable) pour laisser place à un son plus raffiné et plus policé sur Gemini Rights qui s’avère plus introspectif que jamais. Cette fusion musicale qu’il saura maîtriser avec brio s’exprime sur « Static » en guise d’ouverture gentiment psychédélique qui se décline notamment sur « Helmet » et « Buttons » où il maîtrise parfaitement son falsetto.

Assurant toujours cette transition entre funk, jazz, hip-hop, R&B psychédélique et indie rock, Steve Lacy assume définitivement son identité queer et redécouvre le plaisir sous toutes ses formes. Ce n’est pas un hasard si il emprunte des chemins bossa nova sur « Mercury » ou plus pop sur « Sunshine » conviant le nouveau visage du R&B qu’est Fousheé. Il n’empêche que le guitariste de The Internet enfonce un peu plus le clou avec Gemini Rights qui compte également « Bad Habit » ou le plus explicite « Cody Freestyle ». En fin de compte, il trouvera la lucidité avec la conclusion plus cadencée du nom de « Give You The World » faisant de ce second disque un trip musical des plus raffinés dont seul le cerveau de The Internet a le secret.

Note: 9/10