
Souvenez-vous lorsque Clairo avait envoûté son auditoire avec son second album nommé Sling (chroniqué ici). Claire Cottrill, de son vrai nom, a livré un disque thérapeutique lui permettant de se démarquer parmi les fers de lance de la scène indie américaine de ces dernières années en empruntant un virage beaucoup plus rétro qui lui sied parfaitement. Trois années plus tard, elle enfonce le clou avec son successeur qui s’intitule Charm.
Après s’être offerte les services de Rostam, ex-Vampire Weekend, et Jack Antonoff pour ses albums précédents, Clairo passe à l’étape supérieure. Elle pourra compter, pour cette nouvelle aventure musicale, sur Leon Michels alias El Michels Affair pour la production de Charm dont sa patte se fait instantanément ressentir dès les premières notes de « Nomad » où les influences 70’s se font de nouveau ressentir à travers l’interprétation voluptueuse de son autrice et ses orchestrations chaleureuses menées au piano et à la guitare. Très rapidement, la délicate touche psychédélique et groovy se dégage sur les cosy « Sexy To Someone » et « Second Nature » où le charme opère tandis que notre protagoniste cherche à se faire désirer auprès de son.sa interlocuteur.ice et la formule marche à merveille.
Tandis que Sling arpentait les influences dignes de Carole King et de Joni Mitchell, Charm ira puiser son inspiration auprès du courant soft-rock digne des années 1970 où Weyes Blood et Natalie Prass ont repris le flambeau avec tant de réussite. Clairo sortira des sentiers battus en ajoutant une dose de sensualité et de flamboyance notamment lors des écoutes des gentiment colorés « Slow Dance » ainsi que « Terrapin » et « Juna » savamment soulful. Cette ambiance couchée sur bandes avec un flot d’arrangements menés au instruments à vent et aux synthés analogiques qui prendra de l’ampleur sur « Add Up My Love » et sur le gentiment spatial « Echo » qui aura de quoi rappeler l’âge d’or de Stereolab et de Broadcast tandis que notre protagoniste réussira à captiver son.sa bien-aimé.e avec les derniers titres aussi bien séduisants que langoureux que sont « Glory Of The Show » et « Pier 4 ».
Troisième réussite pour Clairo qui prouve qu’elle reste à l’aise dans ce nouveau virage musical qu’elle a entrepris trois ans plus tôt. A mi-chemin entre folk vintage, soft-rock analogique et soul rétro, Charm est un disque résolument addictif et chaleureux qui tournera longtemps dans nos platines durant cet été bien doux-amer.
Note: 8.5/10
