Sinaïve – Pop Moderne

Inutile de stopper l’ascension de Sinaïve désormais. On avait laissé le groupe strasbourgeois en pleine forme avec un Répétition paru l’année dernière (chroniqué ici) qui nous avait mis une sacrée claque dont on ne s’est toujours pas remis. Et bien, cette année ils remettent le couvert avec leur tout premier long-format sobrement intitulé Pop Moderne.

Le désormais trio strasbourgeois continue de nous fournir de nombreuses sensations à travers ces onze compositions pour les moins surprenantes. Moins sombre que Répétition mais toujours aussi intense, Sinaïve  met les bouchées doubles dès le départ avec « (SS) Superstar » faisant le grand écart entre douceur mélodique et rudesse rythmique à la limite du tribal soutenue par une interprétation vaporeuse qui prend de l’ampleur au fur et à mesure sur la ballade mélancolique et un brin bruitiste qu’est « Vivre sa vie » ou encore « Convergence » interpréte par Alicia Lovich qui brille sur cette pop envoûtant muant peu à peu vers une tempête sonique renversante.

Vous l’avez compris, Sinaïve emploie les grands moyens pour nous hypnotiser tout au long de Pop Moderne. Le trio français continue de brouiller les pistes entre passages noisy et compositions dreamy avec « Elégie (Tant de Saisons) » et les guitares entachées de « Le Corps Eclectique » établissant un lien entre The Jesus & Mary Chain et The Pastels du plus bel effet. Bien évidemment, on y décèle du Velvet Underground sur le bien-nommé « Velvétine » ou encore du Michel Cloup sur l’orageux « Art Babel » et c’est ce qui compose l’aspect versatile de ce premier album du trio. Passant aisément du post-punk teinté de krautrock et de cold sur « Dasein (Oder nie sein) » à l’électro-pop langoureuse sur « Providence » sans oublier des accents shoegaze de « Etre sans avoir », Sinaïve envoie tout valser le temps d’un « Avenir Next bien électrique et turbulent afin de frapper fort. Un très grand premier album du trio strasbourgeois tombant à pic pour l’automne.

Note: 8/10