
En 2022, Ethel Cain a réussi à faire une forte impression avec son tout premier album nommé The Preacher’s Daughter (chroniqué ici). Suite à cela, la jeune artiste originaire de Tallahassee a parcouru le monde entier avec son univers musical ensorcelant et remarquable. Donc forcément, elle était attendue au tournant avec l’arrivée de sa nouvelle sortie musicale bien audacieuse du nom de Perverts.
Et autant vous dire qu’Ethel Cain n’aura pas froid aux yeux à travers ce projet plus ensorcelant et plus frémissant que jamais. Perverts brouille les pistes entre dark ambient, slowcore, noise et drone notamment sur le morceau-titre introductif de 12 minutes plantant le décor nous accueillant un monde bien sombre et bien froid tout en reprenant avec grâce l’hymne que fut « Nearer, My God, to Thee » de Sarah Flower Adams en version lo-fi et presque ambient. Suite à cette entrée en matière bien singulière, on revient en terrains plus connus avec « Punish » avec ses notes de piano allant crescendo rappelant « Horizon » d’Aldous Harding et ces influences slowcore prenant de l’ampleur tandis que la native de Tallahassee racontera l’histoire d’un enfant tuant son bourreau pédophile mais également la ballade country mélancolique du nom de « Vacillator » définitivement langoureux où elle brouille les pistes entre sexe et violence (« I like that sound you make when you’re clawing at the edge and without escape », chante-t-elle). Une chose est sûre, c’est que Perverts ne laissera personne indemne.
Perverts alterne des moments plus expérimentaux comme les allures drone de « Housofpsychoticwomn » pour le moins hypnotique avec ses « I love you » et « I do » répétés à outrance afin de nous glacer le sang ou de « Pulldrone » qui est en quelques sortes le sequel de « Ptolomea » de son album précédent et de moments plus accessibles comme l’ode à la masturbation qu’est « Onanist » aux doux airs de Lankum ainsi que les instrumentaux lancinants que sont « Etienne » mené à la guitare acoustique et au piano qui se clôture avec un speech d’un homme suicidaire qui n’a plus envie de mourir et « Thatorchia » à mi-chemin entre shoegaze et post-rock comprenant des gémissements inquiétants d’Ethel Cain. Après une conclusion plus solennelle du nom de « Amber Waves » qui se clôture par un mur du son inquiétant tandis que notre protagoniste se révèle plus ensorcelante que jamais (« The devil I know is the devil I want », chante-t-elle).
Vous l’avez compris, Perverts se veut moins accessible que The Preacher’s Daughter mais synthétisera avec brio l’univers musical d’Ethel Cain. Plus expérimental et spectral que jamais, la musicienne nous entraîne dans sa maison d’horreurs où toutes les douleurs et autres traumas sont ressortis afin de nous faire frissonner jusqu’à ne plus sentir aucune douleur (« I can’t feel anything », chante-t-elle).
Note: 7.5/10
