
Personne n’a su résister à la tornade Julia Jean-Baptiste qui a tout emporté sur son passage avec son précédent album nommé Cinerama (chroniqué ici). L’ancienne membre de Pendentif s’était lancée en solo et a mis le monde d’accord avec son univers musical absolument pétillant, mêlant sans vergogne bossa nova, glam, cold wave et synthpop française pour un résultat sans équivoque. De l’eau a coulé sous les ponts et l’heure est venue pour l’artiste lyonnaise avec son successeur qui s’intitule Toujours plaire.
Pour cette nouvelle aventure musicale, Julia Jean-Baptiste arpentera un virage musical pour le moins audacieux affichant une facette plus glam. On en veut pour preuve le morceau d’ouverture nommé « La fête est triste sans toi » qui est une magnifique quête d’un amour perdu avant de prendre le large avec « Eternité » parlant de l’effet dévastateur d’une rupture amoureuse qu’elle narre avec beaucoup de précision et le morceau-titre absolument cathartique. La musicienne lyonnaise n’aura ainsi pas peur de se mettre à nu et de confronter sa part d’ombre et ses différentes aspérités pour mieux les cerner avec tant de grâce.
Avec l’apport de Jean Sylvain Le Gouic (Juvéniles) aux manettes, Julia Jean-Baptiste, qui joue beaucoup avec sa voix et de la plus belle des façons, assume parfaitement cette couleur beaucoup plus glam et plus rock’n’roll (les spectres de Ghinzu et de New York Dolls sont omniprésents) où les influences new wave se côtoient parfaitement à cette production 80’s faussement cheesy et colorée mais réellement authentique. C’est d’autant plus notable lors des écoutes des allures discoïde des dansants « La Spirale » et « Le dernier trophée » qui iront contraster avec des moments plus épurés et contemplatifs comme « Dans le noir » aux riffs abrupts ou bien même « Tout passera » avec une interprétation à couper le souffle.
Après avoir passé au crible les chagrins d’amour, les relations placées sous le signe de l’emprise, la dépression et autres passages à vide, Julia Jean-Baptiste viendra reprendre le contrôle en mettant en avant l’empowerment, l’affirmation de soi et le self-care. Et le résulta tfinal est plus que glorieux avec la sublime conclusion mélancolique du nom de « Les lilas » où elle ira déposer ses fardeaux avec beaucoup de détachement à un point déconcertant et formidable. La facette la plus rock est certainement la facette qu’on lui préfère car sur Toujours plaire elle n’hésite pas à dévoiler ses fêlures afin de triompher encore plus.
Note: 7.5/10
