
Tiens donc, ça faisait un petit bout de temps que nous étions sans nouvelles de Biga* Ranx ! Oui, la dernière fois que nous avions eu de ses news, il fallait remonter à l’année 2022 où il avait fait paraître son album Eh Yo ! qui était à la hauteur de nos attentes une fois de plus (chroniqué ici). Toujours est-il que le singjay tourangeau est bien installé dans le paysage dubadub hexagonal et il compte bien y rester avec l’arrivée de son nouveau disque nommé Rainshine.
A travers ces seize nouveaux titres, on retrouve ainsi toute la quintessence de Biga* Ranx qui est de nouveau raffinée. Brouillant les pistes entre vapor dub, reggae roots, hip-hop et lo-fi, le périple musical de Rainshine s’annonce plus enfumé que jamais avec « Villa Aston » qui ouvre le bal et confirme cet envie à Telly del Mundo de s’essayer encore plus à la langue française avant que l’on se fasse emporter par la vapor dub psychédélique de « Moonshine » et de « Vélib » qui suivent. Parce que Rainshine est un véritable festival d’émotions en tous genres où on se laisse guider aisément, où l’on passe du hip-hop old school sur « Tao Paï Paï ».
Tantôt joyeux tantôt mélancolique tantôt les deux, ce nouvel album de Biga* Ranx convoque la pluie et le beau temps en même temps. Mais toujours est-il que la nostalgie règne en maître avec ces titres dubadub énergiques à l’image de « Neuf » et de « Mountain Top » avec cette interprétation moins portée sur les effets en tous genres. Encore mieux lorsqu’il convie la crème de la crème avec entre autres Pupajim qui poursuit sa mue en français sur le poétique « Les Refleu » mais encore le bien trop rare Chaton sur « Trop d’Lumière ». Mais le summum de l’émotion restera la collaboration presque posthume avec le regretté Naâman brutalement et tragiquemEnt décédé qu’est « Never Take » plus épurée que la version de L’Entourloop. Bien entendu, notre singjay tourangeau n’est pas le seul aux commandes car on retrouve ses acolytes de toujours, à savoir Blundetto signant la sublime production beaucoup plus roots de « Natural Woman » en compagnie de Kea.nv mais aussi Atili pour une « Danse » onirique et mélancolique. En revanche, pas de Manudigital pas de Prendy et encore moins d’O.B.F. ceci dit, dommage.
Il ne manquera plus que des riddims calmes et doucement étoilés que sont « Lord Finesse » (qui n’est pas un hommage au fameux producteur de hip-hop du clan D.I.T.C.) et « Pull Up Mon Disk » en guise de conclusion somptueuse pour que Biga* Ranx puisse nous enivrer comme jamais à travers ce Rainshine plein de magnifiques contrastes. Tiraillé entre doux rêve et mélancolie, le singjay tourangeau continue de chanter la météo à travers ce vapor dub psychédélique et éthéré qui n’aura pas fini de nous surprendre.
Note: 8/10
