Billie Marten – Dog Eared

C’est en maintenant le rythme d’un album tous les deux ans que Billie Marten réussit à se faire une place confortable dans le game. On avait laissé la musicienne britannique en pleine forme avec son précédent album nommé Drop Cherries il y a deux années de cela (chroniqué ici) qui lui a permis de se solidifier grâce à ses sublimes compositions cristallines. Cette année, elle continue de prendre son envol avec son successeur intitulé Dog Eared.

Pour ce cinquième album, Billie Marten viendra sortir de sa zone de confort en partant à la conquête de la Big Apple. Et elle ira recruter la crème de la crème en termes de line-up, à savoir Sam Evian, Maia Friedmann ou encore Josh Crumbly. Rien que ça. Avec le renommé producteur Phil Weinrobe (Buck Meek, Adrianne Lenker…), la britannique ira s’ouvrir à de nouvelles sonorités sans jamais trahir ses origines, et on en veut pour preuve des subtiles compositions telles que « Feeling » aux instrumentations plus riches que jamais avant de prendre le large avec des moments un brin inventifs et bricolés comme « Crown » et « Clover » aux faux airs d’Andy Shauf qui suivent.

Tout au long de ce Dog Eared, Billie Marten ira également recoller les souvenirs fragmentés de son enfance sous un œil adulte. Que ce soit sur les arrangements soignés des morceaux pleins de délicatesse comme le plus mélancolique « No Sudden Changes » sans oublier les harmonieux et renversants « Leap Year » ou bien « Goodnight Moon », la musicienne de Ripon vole de ses propres ailes tout en jouant avec nos émotions comme il se doit. Tantôt onirique avec « You and I Both » tantôt dantesque et cinématographique avec « Swing » aux orchestrations dignes de Bright Eyes, elle franchit un nouveau palier avec ce Dog Eared aussi bien sophistiqué que spontané où ses compositions indie folk brouillent aisément les pistes entre atmosphères urbaines et bucoliques.

Note: 8.5/10