Panic Shack – S/T

On continue notre saga des révélations britanniques de cette année avec un nom qui revient bien souvent ces derniers mois. Je pense à Panic Shack qui est un quintet féminin venu tout droit de Cardiff prêt à faire un grand boum dans le paysage musical. Déjà repérées auprès de Soft Play et des très controversés Bob Vylan, les cinq musiciennes ont réussi à se faire un nom dans l’underground britannique à coups d’EPs. En plein été, elles décident de marquer définitivement leur territoire avec leur premier album événement.

Et contrairement à 99% de groupes britanniques émergents, Panic Shack ne compte pas appeler Dan Carey mais Ali Chant derrière les manettes. Très rapidement, on rentre dans le tas où le quintet nous embarque dans leur monde, à savoir la fabuleuse histoire de cinq musiciennes où ça rigole bien entre copines, qui elles sont et ce qu’elles aiment mais ça crache également sur le patriarcat et les hommes cis toxiques qui viennent les déranger tout au long de ces onze compositions bien infectieuses. Démarrant en trombe avec « Girl Band Starter Pack » (qui a été enregistré dans le beer garden d’un concert d’Amyl & The Sniffers pour info), il ne fait aucun doute que ça sent le soleil et l’été à plein nez avec ces riffs explosifs et cette rythmique absolument dansante et solaire.

Et ce n’est que le début car Panic Shack sort l’artillerie lourde avec le plus énervé « Gok Wan » faisant penser au fameux groupe australien à cause de son message bien percutant contre les injonctions au corps féminin qui doit être parfait et les objectifications dégueulasses des femmes mais également avec « SMELLARAT » où elles traiteront du harcèlement de rue qui est toujours d’actu en big 2025. Le fait qu’elles ont jusqu’à appeler un Uber pour se débarrasser des relous en dit encore long sur la mentalité de l’homme cishet. Quoi que bon, ils sont encore lobotomisés par les discours de cet abruti d’Al*x Ptitechienne. Oups, je m’égare, je reprends le fil. Panic Shack fait tantôt preuve d’ironie mordante sur « Unhinged » en se moquant des profils des hommes qu’elles swipent sur l’appli Hinge mais aussi sur « Tit School » rejetant l’étiquette de working class girls.

On notera également l’originalité des arrangements avec l’apport de l’Amen Break sur « Lazy » mais encore les allures légèrement 70’s de « We Need To Talk About Dennis » qui se clôturent avec des aboiements bien saugrenus sans oublier les arrangements synthétiques de « Pockets » qui permettra à Panic Shack de se démarquer de la concurrence punk actuelle. Au milieu de ses coups de gueule contre le patriarcat et le sarcasme comme meilleure arme face à une société s’enfonçant de plus en plus dans l’absurde, quoi de mieux que de savourer la sororité comme l’atteste l’irrésistible conclusion nommée « Thelma & Louise » célébrant l’amitié entre les musiciennes. Il en ressort ainsi un premier album rafraîchissant et infectieux qui tombe à pic pour cet été et on a hâte de retrouver cette énergie communicative en novembre prochain lors de la prochaine édition Les Femmes s’en Mêlent.

Note: 7.5/10