
Vous savez ce qu’on dit ? Quand il n’y en a plus et bah il y en a encore. On avait laissé notre Baxter Dury adoré avec un I Thought I Was Better Than You des plus remarquables il y a deux années de cela maintenant (chroniqué ici). Mais le fils de l’éternel Ian n’aura pas fini de nous surprendre car cette fois-ci, il entreprend un virage radical avec son successeur nommé Allbarone.
Depuis quelques années, on sentait que Baxter Dury flirtait de plus en plus avec l’électronique avec le side-project tristement éphémère nommé B.E.D. (chroniqué ici). Allbarone est l’occasion idéale pour lui ainsi que Paul Epworth que je ne présente plus ici de s’offrir une virée nocturne bien électronique taillée pour les dancefloors. On en veut pour preuve le morceau-titre introductif qui est la contraction d’un nom d’une chaîne de bar à cocktails où les boucles électroniques font mouche tout comme sur les grooves incandescents de « Kubla Klan » et de « Alpha Dog » qui suivent. Bien entendu, l’accent cockney de notre protagoniste ainsi que son phrasé de dépressif est présent tout comme ses choeurs féminins enivrants mais sur Allbarone, c’est la bamboche (on dit encore bamboche en 2025 ?) !
Notre dandy adoré et décalé continue de naviguer vers de nouveaux horizons en signant des collaborations taillées sur mesure avec JGrrey à deux reprises sur le très cool et rétro « Schadenfreude » ou encore sur « Return Of The Sharp Heads ». On imagine naviguer dans les rues de Londres tard la nuit aux côtés de Baxter Dury qui tantôt se trouve un alter-ego sur « The Other Me » définitivement efficace tantôt fait tomber le masque sur le quasi-théâtral « Hapsburg » où la production de Paul Epworth met parfaitement le tout en avant. Le groove d’Allbarone se fait petit à petit plus doux-amer au fur et à mesure avec entre autres « Mocking Jay » ainsi que sur la conclusion plus lancinante du nom de « Mr V4 » qui est le code-postal de Chiswick, son quartier d’enfance et qui rappelle les ambiances dignes de Prince of Tears avec ses arrangements gainsbourgiens.
Une fois de plus, Baxter Dury est de retour là où on l’attendait le moins avec Allbarone. En assumant définitivement ce virage plus électronique et plus groovy que jamais, le crooner n’a pas non plus perdu son sens de la mélodie et de l’ironie qui l’aura rendu attachant malgré tout. Une étonnante réussite.
Note: 8/10
