Marie Delta – The Girl From Poison Paradise

Beaucoup d’entre nous ont découvert Marie Delta avec un premier album du nom de Route de Nuit il y a quatre années de cela maintenant. L’ex-membre de Pussy Patrol qui avait également officié auprès de Marietta et de BCBG était sortie des sentiers battus avec son univers musical absolument ésotérique. De l’eau a coulé sous les ponts et l’heure est venue pour elle d’effectuer son grand retour avec The Girl From Poison Paradise.

Il suffit de fermer les yeux et de se laisser emporter par cette musique si fantaisiste et si saisissante dès le départ avec un « Oiseau de l’Espace » faussement féérique avant de se laisser engloutir par des textures plus ténébreux et inquiétants. Accompagné d’une histoire imprimée et co-écrite par la romancienne Phoebe Hadjimarkos-Clarke, lauréate du Prix du Livre Inter, Marie Delta nous offre un périple à mi-chemin entre fable écologique et science-fiction où cet univers entre electronica mystique et dream-pop lyrique continue de nous faire frémir comme sur le flottant « Komatiites » ainsi que sur le plus céleste et vaporeux « Bain de minuit » qui suivent et qui auront de quoi nous faire frissonner comme jamais.

Entre dream-pop psychédélique et électro-dub, Marie Delta compte faire la pluie et le beau temps tout en faisant parler son éco-anxiété sur The Girl From Poison Paradise. Tiraillé entre voyage initiatique et fable cosmique, ce disque éveille les consciences à bon escient avec entre autres des morceaux entraînants et réconfortants que sont « Mascaret », « Algo-Gaze » et « How Does It Feel ? » tandis que des invités d’une incroyable envergure tels que Julien Barbagallo le temps d’une ballade pop-folk chromatisée nommée « Nouveau Corps » ainsi que la productrice italienne Phantom Love sur un « Lettre à la Lune » si singulier et le rappeur guadeloupéen Cédrick-Isham Calvados sur les allures faussement dub de « L’amour en périphérie ».

Beaucoup de surprises sont à prévoir au programme de cette épopée cosmique dont les influences amapiano sur la conclusion dépaysante et ondulée du nom de « Night At The Embassy ». Marie Delta tire son épingle du jeu à travers ce The Girl From Poison Paradise réussit à dresser un portrait saisissant de notre époque et nous incite à nous adapter aux nombreux changements dans notre société.

Note: 7.5/10