
La dernière fois que nous avions eu des nouvelles de Benoît Tranchand, il fallait remonter à l’année 2022 avec son précédent album nommé Les Mauves. Cette fusion entre chanson française, coldwave et synthpunk lui a permis de se faire une place confortable dans le paysage musical hexagonal, ce qui lui a permis d’avoir une reconnaissance hors normes. De l’eau a coulé sous les ponts et l’heure est venue pour lui de faire son grand retour avec Peau de serpent.
Pour son grand retour, Benoît Tranchand viendra se confier à son auditoire de la façon la plus crue qui soit. Plus intimiste mais plus viscéral que jamais, Peau de serpent est une aventure dans sa psyché qui se décline en huit morceaux pour les moins radicaux et anxiogènes avec « Serpent » en guise d’introduction ensorcelante. En marchant sur les pas de Noir Boy George, Michel Cloup ou de Glauque, il exorcise ses peines les plus profondes avec des titres aussi bien dark que pulsatifs comme les accents acid de « Beau Belle Bien » et le plus industriel et hallucinogène « Auto-Tampon » qui suivent.
Avec Peau de serpent, Benoît Tranchand arpente un virage beaucoup plus spleenesque avec l’éthéré et hypnotique « Insomnie » ainsi qu’avec le spleen synthétique de « Chanson d’été ». Le musicien continue de chasser les vilains nuages qui le poursuivent comme jamais comme un stress post-traumatique, et que ce soit sur les allures post-punk saccadés de « Erreur » ou d’autres moments plus obscurs et inquiétants que sont « Ma vieille amie » et « Dernière chanson » en guise de conclusion remuante. Il en résulte un troisième album à la fois thérapeutique et viscéral, singulier et complexe où on voit notre protagoniste renaître de ses cendres de manière glorieuse.
Note: 7.5/10
