Meryem Aboulouafa – Family

Les uns ont suivi la trajectoire de Meryem Aboulouafa depuis cinq ans maintenant avec son premier album sobrement intitulé Meryem tandis que les autres l’ont découvert grâce à la dernière saison de « bref. 2 » paru en février dernier avec son titre « Breath of Roma ». Toujours est-il que la protégée de Keren Ann est sortie des sentiers battus avec ce subtil mélange de dream-pop, de trip-hop et de sonorités orientales qui nous a énormément envoûtés. Il aura fallu attendre longtemps pour avoir une suite et le voici en chair et en os qui se nomme Family.

La raison de ce délai est dû à notre formidable gouvernement qui a eu la brillante idée (non) de placer la musicienne sous OQTF. Moi, je vous dis dans deux ans ce sera l’extrême-droite qui passera au pouvoir et on n’aura que nos yeux pour pleurer. Mais bon, trêve de coup de gueule politique, Meryem Aboulouafa a pu être régularisée et continue sa carrière d’artiste avec un second album intimiste et vibrant qui frappe fort d’emblée avec un « Horses » des plus solennels.

Cette fusion musicale continue de faire effet tandis que notre protagoniste, qui alterne anglais et arabe pour à la fois plonger dans ses racines et prendre de la distance, rend hommage à la transmission et à tout ce qui forge notre identité. Et c’est à travers d’autres compositions somptueuses et vibrantes telles que « Allah Ya Rabbi » ou bien encore « Resistance » et « Family » que Meryem Aboulouafa saura nous procurer d’innombrables frissons. C’est en incitant au lâcher-prise et à la libération des sentiments intimes qu’elle brille de mille feux avec entre autres « Hated Love », « Moon » ainsi que « Paranoïa » avant de s’envoler de plus belle avec la conclusion éthérée du nom de « Greece ».

Avec Family, Meryem Aboulouafa livre un chef-d’oeuvre de haute volée où elle traduit avec brio cette sensation de l’attachement et cette volonté de s’émanciper pour briller. Toutes ces contrastes sont parfaitement mises en valeur afin de faire vibrer son auditoire de la plus belle des manières.

Note: 8/10