
Je pense qu’on est d’accord pour dire qu’Ulrika Spacek a atteint les sommets avec leur désormais chef-d’oeuvre qu’est Compact Trauma il y a moins de trois années de cela maintenant. Le groupe britannique qui fête sa première décennie d’existence possède une discographie absolument impeccable, ce qui n’est pas rien. Après une escapade solo pour Rhys Edwards, l’heure est venue pour la formation de frapper de nouveau fort avec son successeur qui s’intitule Expo.
Ulrika Spacek a beau avoir changé de label (adieu Tough Love Records et coucou Full Time Hobby) mais n’a rien perdu de leur efficacité mélodique et de leurs ambitions musicales. Après une courte introduction riche en bidouillages en tous genres, le groupe déballe son savoir-faire avec « Picto » où se côtoient les guitares puissantes, les collages sonores et autres drones de synthés pour un résultat plus immersif que jamais. Un résultat qui fait son effet notamment lors des écoutes de l’hypnotique et lancinat « Build A Box Then Break It » mais qui permettra au groupe de renouveler son son en incorporant des textures sonores en superposant à travers ces influences à mi-chemin entre art-rock et math-rock pour plus de sensations auditives.
Lorsque Ulrika Spacek se réinvente, cela donné un EXPO absolument inouï avec entre autres les crescendos progressifs de « I Could Just Do It » et de « This Time I’m Present » sans oublier des morceaux plus lents mais riches en intensité comme « Showroom Poetry » avec ses sonorités et autres distorsions jubilatoires. Refusant le confort et les compositions traditionnelles, le groupe britannique n’aura pas fini de nous surprendre comme l’interprétation beaucoup plus dense émotionnellement parlant de Rhys Edwards qui peut passer de l’ombre à la lumière, que ce soit sur « Square Root of None » où il se montre empathique à travers ce mur du son ensorcelant presque Sonic Youth dans l’âme ou bien sur le psychédélique « Weights & Measures » où on pénètre aussi bien dans des contrées dignes de John Barry que de feu David Lynch tandis que son chant se fait plus plaintif.
Il ne manquera plus qu’un « Incomplete Symphony » en guise de conclusion contemplative pour qu’Ulrika Spacek puisse confirmer une fois de plus. Sur Expo, on pénètre dans un voyage sonore plein d’incertitudes à la fois humaine et numérique où l’on doit accueillir l’imprévisible à travers des textures électroniques pour les moins inattendues et presque glitchées au milieu de ces rythmiques ensorcelantes et ces guitares dissonnantes. Et autant dire que le groupe maîtrise cette affaire avec tant de classe et de génie.
Note: 9/10
