
Il aura fallu un EP pour que Cardinals puisse faire une entrée remarquable sur la scène indie britannique. Le quintet venu tout droit de Cork a réussi à conquérir le cœur à travers des prestations scéniques dans les quatre coins du monde afin d’asseoir leur réputation. Forcément, ils étaient attendus au tournant et ils comptent ne pas nous décevoir avec l’arrivée de leur premier long-format du nom de Masquerade.
Imaginez un croisement entre The Pogues et Fontaines D.C, vous obtiendrez tout simplement une musique absolument instinctive qui fait effet tout au long de ce premier disque résolument authentique. Fruit d’un travail de 18 mois, Cardinals nous offre un album que l’on peut scinder en deux parties: une première partie lumineuse et une seconde beaucoup plus sombre et écorchée. Et autant vous dire que Masquerade s’ouvre sur un « She Makes Me Real » où Cardinals nous entraîne à travers des influences post-punk que l’on retrouve également sur « St. Agnes » et sur le morceau-titre avec des arrangements beaucoup plus poussés (avec l’intervention de l’accordéon entre autres).
De quoi démarrer ce premier album sur les chapeaux de roue avec également des moments plus apaisés tels que « I Like You » et « Over At Last » aux dernières minutes plus art-rock et plus cacophoniques qui accueilleront une face B beaucoup plus sombre. On peut considérer Masquerade comme un album de transition où on traverse une ellipse temporelle en compagnie de Cardinals. Et c’est avec des moments beaucoup plus ténébreux comme « Anhedonia » avec une interprétation plus solennelle d’Euan Manning mais encore les montées en puissance hors du commun de « Barbed Wire » et de « Big Empty Heart » pour les moins angoissants qui ont de quoi nous faire frissonner comme jamais. Après un moment bien oppressant et survolté qu’est « The Burning of Cork » vient une conclusion beaucoup plus libératrice du nom de « As I Breathe » où Cardinals se permet d’accueillir la vulnérabilité et l’apaisement après un périple musical absolument tortueux mais ô combien salutaire.
Avec Masquerade, Cardinals mettra tout le monde d’accord à coup sûr. En effet, le quintet de Cork arrive à dépeindre cette dualité entre fougue adolescente et maturité adulte que l’on suit avec beaucoup d’attention. Et c’est ce qui fera la force du groupe avec ces compositions riches en intensité et en tension en tous genres.
Note: 8.5/10
