
C’est fou de penser que James Blake accompagne nos longues soirées depuis 15 ans maintenant presque jour pour jour. Et durant ce laps de temps, il est devenu un acte absolument incontournable où il se renouvelle d’albums en albums jusqu’à devenir influent. Donc forcément, son septième album nommé Trying Times qui fait suite à son excellent Playing Robots Into Heaven était fortement attendu.
Ces derniers temps, on a vu un James Blake prendre plus position. Celleux se souviennent de ses prises de position face à l’industrie de la musique auquel je suis entièrement d’accord, il décide de se révolter contre les majors (à raison d’ailleurs) car comme dirait l’autre, c’est bandant d’être indépendant. Et pour ce premier album en indé, James Blake qui est désormais CEO de son propre label Good Boy Records ne compte pas faire les choses à moitié. Et à travers ces treize nouveaux titres introspectifs et absolument vibrants où notre protagoniste se livre à nous de façon pudique, et ce dès le départ avec « Walk Out Music » au rythme curieux et décalé avant de prendre un chemin à mi-chemin entre R&B alternatif et pop débridée aux accents doo-wop avec le volontairement rétro à la limite du pompeux « Death For Love » avec ce sample camouflé de Leonard Cohen mais avec la ballade scintillante de « I Had A Dream She Took My Hand » qui suivent.
Avec Trying Times, James Blake viendra nous toucher à travers ses textes à la fois introspectifs et ténébreux qui brillent sur des morceaux finement arrangés tels que « Make Something Up » presque Britpop dans l’esprit contrastant avec des moments plus effrénés comme les allures rave de « Days Go By » et les sonorités 8-Bit de la house mélancolique de « Rest Of Your Life ». Se rapprochant de la profondeur émotionnelle de ce que je considère comme son magnum opus, à savoir The Colour In Anything, ce nouveau disque réussira à mettre du baume au cœur en ouvrant la porte à Monica Martin le temps d’une ballade fumeuse qu’est « Didn’t Come To Argue » pour la moins sensuelle mais aussi au rappeur Dave qui pose son flow plus rugueux sur le plus ténébreux « Doesn’t Just Happen » avec cette mélodie au violoncelle bien fiévreuse.
Toujours est-il que James Blake continue de tirer son épingle du jeu avec des moments angéliques comme « Through The High Wire » avec ce falsetto trafiqué au noise gate mais encore la conclusion ensorcelante du nom de « Just A Little Higher ». Sur Trying Times, notre protagoniste épure de nouveau son univers musical en y ajoutant de la profondeur émotionnelle et des arrangements minutieux pour en faire un grand moment d’introspection vibrante comme il sait si bien le faire, et on ne va pas s’en plaindre. Oui, c’est bandant d’être indépendant finalement.
Note: 8/10
