Kim Gordon – PLAY ME

Ce n’est plus un secret pour personne mais Kim Gordon reste une icone intergénérationnelle. Depuis la fin de Sonic Youth, la légende continue de faire parler d’elle à travers son escapade solo des plus intéressantes à voir. Deux ans après son The Collective assez remarquable pour qu’elle puisse décrocher deux nominations aux GRAMMY, l’heure est venue pour elle de frapper de nouveau fort avec son successeur nommé PLAY ME.

Accompagnée de son éternel acolyte Justin Raisen derrière les manettes, Kim Gordon enfonce un peu plus le clou avec ce relifting musical qu’elle a décidé d’assumer avec The Collective. Tiraillée entre noise-rock indus et trap urbaine, la musicienne revient à quelque chose de plus conventionnel et moins dystopique à travers des morceaux plus concis que jamais tels que le morceau-titre introductif aux allures boom-bap et son sample de cuivres ayant de quoi rappeler du Camp Lo avant de repartir dans des terrains plus abrasifs avec le rythmé « GIRL WITH A LOOK ou encore « BUSY BEE »; à mi-chemin entre krautrock et trap en compagnie de Dave Grohl derrière les fûts (peut-être la meilleure contribution de sa carrière, fâchez vous comme vous voulez, je m’en branle) ainsi que de Julia Cafritz aux chœurs.

J’avais dit dans ma chronique de The Collective où j’étais pour le moins surpris d’entendre Kim Gordon sur des influences trap et je m’attendais à ce qu’elle pose sur des productions un peu Drill. Sauf qu’il n’y a pas de drill hélas mais de la trap il y en a à gogo, notamment lors des écoutes de « BLACK OUT » ou encore de « DIRTY TECH » qui nous amènent définitivement à Atlanta aux côtés de Lil Baby ou de Future et consorts. Et parfois, les influences trap sont édulcorées à d’autres sonorités plus indus comme « SQUARE JAW » mais encore « SUBCON » et « NAIL BITER » tandis qu’elle ira tacler la montée bien inquiétante de l’IA et du fascisme sur le territoire américain avec une administration claquée au sol avec beaucoup de grâce.

Après une revisite du morceau « BYEBYE » afin de boucler la boucle, PLAY ME reste une nouvelle réussite de la part de Kim Gordon qui me paraît un peu succinct et je ne suis pas assez rassasié. La créativité renouvelée de notre protagoniste ainsi que Justin Raisen est plus que saluée mais il en reste une œuvre moins profonde que ses prédécesseurs à force de le devenir plus lisible et plus facile d’accès.

Note: 8/10