Yaya Bey – Fidelity

Une chose est sûre, c’est que Yaya Bey n’aura pas fini de battre le fer tant qu’il est encore chaud. On avait laissé notre protagoniste en pleine forme avec son do it afraid paru l’année dernière où elle explorait une large palette sonore avec beaucoup de réussite. Mais elle ne va pas en rester là car elle récidive avec son successeur qui s’intitule Fidelity.

Toujours marquée par la tragique disparition de son père qu’est l’illustre rappeur Grand Daddy I.U., Yaya Bey poursuit son deuil qui paraît insurmontable mais tout nous laisse à penser qu’elle commence à voir la lumière au bout du tunnel. Et c’est avec cette versatilité que la musicienne new-yorkaise réussit à briller de nouveau, et ce dès le départ avec « Me and Mine » en compagnie de Samantha G. et d’Anastasia Antoinette qui nous offrent de sublimes harmonies vocales oniriques avant de prendre de l’ampleur avec « The Great Migration » et les rythmiques syncopées de « Forty Days » digne de The Soulquarians qui traite directement de la mort à proprement parler.

C’est en brouillant les pistes entre neo soul, R&B, jazz, reggae et dance music que Yaya Bey réussit une fois de plus à nous éblouir. Bien entendu, la native du Queens nous offre également des sequels absolument savoureux, à savoir « Dream Girl (Lexapro Mix) » mais aussi « The Towns (bella noche pt 2) » qui était présent sur l’album précédent en une version plus vaporeuse avant de poursuivre cette introspection si gracieuse avec entre autres « As The Ocean » et « Blue » des plus dépaysants. On retrouve également des invités tels que Deem Spencer sur le frissonnant « Slot Machines » mais encore Exaktly sur les allures cha-cha de « Simp Daddy Line Dance » et NESTA le temps d’un « Egyptian Musk » aux intonations reggae avant de prendre son ampleur avec le plus thérapeutique « Cup of Water » et la conclusion méditative du nom de « Who Are You » nous rappelant que la vie peut défiler à toute allure et que rien n’est pris pour acquis. Et en ce sens, Fidelity saura nous envoûter une fois de plus avec une Yaya Bey qui parlera de deuil par le prisme de la mise en scène de la souffrance des artistes noir.e.s.

Note: 8.5/10