Yaya Bey – do it afraid

Pour celleux qui suivent attentivement les (més)aventures de yaya bey, sachez que le moral n’allait pas fort. On se souvient du tragique décès de son papa, le rappeur Grand Daddy IU, qui aura donné naissance à de sublimes albums dont le fameux Ten Fold paru l’année dernière. Mais comme on dit toujours, après la pluie vient le beau temps et c’est exactement ce que la chanteuse nous dit à travers son successeur qui s’intitule do it afraid.

Après avoir exploré le deuil, l’heure est venue pour elle d’explorer ce qui la rend heureuse et paisible ces derniers temps. do it afraid s’ouvre sur ses mots: « If you wanna be brave, first you gotta be afraid » du morceau « wake up b*tch » où on imagine yaya bey prendre une décision radicale pour avancer dans sa vie. Suite à cela, on navigue dans un melting-pot musical pour le moins original et immersif où la new-yorkaise nous ramène à l’âge d’or des block parties de New York et de l’immense héritage musical de sa famille ayant fait sa jeunesse à travers des titres comme le romantique « real yearners unite » aux saveurs asiatiques ainsi que d’autres perles plus neo-soul avec « cindy rella » et « raisins ». A travers ce nouveau disque, on voit notre protagoniste plus reluisante que jamais.

Mais ça ne s’arrête pas là car yaya bey va étonner par sa versatilité hors normes. Passant sans vergogne du hip-hop (« breakthrough ») à la house (« in a circle », « aye noche », « bella noches pt. 1 ») en passant par la soca revendiquant ses origines barbadiennes (l’estival et brillant « merlot and gringo ») et le dub (« spin cycle »), do it afraid manifeste cette envie de danser et de profiter de la vie malgré ses imprévus pouvant faire peur. La new-yorkaise est également bien entourée car elle peut compter sur le groupe de jazz Butcher Brown le temps d’un « end of the world » raffiné mais également des légendaires BADBADNOTGOOD qui brouille les pistes entre reggae et jazz le temps d’un « blicky » onctueux.

Finalement sur la conclusion vibrante du nom de « choice », Yaya Bey opte pour ce choix de vivre sa vie comme elle l’entend et de faire face à ses peurs. Et c’est exactement le mantra de do it afraid (que je trouve légèrement en deça de Ten Fold en raison de ce léger manque de structure et de cohésion): à savoir que malgré ses coups durs et ses coups de pute, la vie vaut la peine d’être vécue lorsque l’on se connaît soi-même.

Note: 8.5/10