Neggy Gemmy – She Comes From Nowhere

En l’espace de trois albums, personne n’a su résister à la tornade Lindsey Elise French depuis plus d’une décennie maintenant. Officiant désormais sous le pseudonyme Neggy Gemmy (auparavant Negative Gemini), l’artiste californienne et CEO de son propre label 100% Electronica (aux côtés de son mari George Clanton) a mis tout le monde d’accord avec son prédécesseur nommé CBD Reiki Moonbeam paru il y a deux années de cela. Cette année, elle enfonce le clou avec son nouveau disque tant attendu du nom de She Comes From Nowhere.

Et autant vous dire que Neggy Gemmy compte nous mettre plein les oreilles une fois de plus à travers ces onze nouveaux titres. She Comes From Nowhere frappe fort dès le départ avec « High Fashion Slags » à mi-chemin entre chillwave et electronica avant de viser large sur les somptueux « I Don’t Feel Like Dancing » (comprenant un sample du fameux breakbeat de « Jungle Jazz » de Kool & The Gang), « Who Wanted » et « Mysterious Girl » où on voit notre protagoniste flirter les allures baggy, italo house et trip-hop où les rythmiques énergiques et effrénées contrastent avec les mélodies somptueuses et éthérées.

Bien évidemment, elle évite de tomber dans le piège du suranné car She Comes From Nowhere nous entraîne dans une dimension intemporelle. Neggy Gemmy sort une fois de plus des sentiers battus lorsqu’elle incorpore des influences quelque peu dream-pop sur « Polly Pocket » ou encore jazzy sur « Doll » et clairement trip-hop sur « Blue Eye See Through » rappelant clairement Massive Attack période Blue Lines. Au milieu des interludes presque 90’s dans l’âme (« The Stranger at Twilight », « La Nuit du Chat ») se dégage un charme inouï avec une conclusion scintillante du nom de « Dream » aussi bien onirique que groovy faisant de She Comes From Nowhere un disque illuminé brouillant les pistes entre les différentes époques avec beaucoup de réussite.

Note: 8.5/10