
Il aura fallu une poignée d’EPs pour que Magi Merlin puisse faire une entrée remarquable sur la scène musicale. L’artiste montréalaise a bousculé les codes du R&B et de la soul en incorporant des sonorités avant-gardistes afin de nous en faire voir de toutes les couleurs. Et c’est à travers cette fusion musicale qu’elle viendra briser de nouvelles barrières avec son premier album événement intitulé POWER HOUSE.
Et autant vous dire qu’on viendra s’en prendre plein les oreilles tout au long de ces douze nouveaux titres absolument audacieux. Magi Merlin pourra compter sur l’aide de son collaborateur fétiche qu’est Funkywhat pour nous en faire voir de toutes les couleurs, et ce dès le départ avec « Welcome Home » absolument débordant d’énergie avant de laisser place aux moments beaucoup plus frontaux tels que « SpiceKick » et « EAT!ME!OUT! » où elle mettra KO la misogynie ambiante.
Sur POWER HOUSE, il est question de dualité de l’expérience féminine moderne où Magi Merlin viendra raconter son vécu de femme non-monogame et bisexuelle avec tant de conviction. Et c’est à travers des morceaux à la fois percutants et envoûtants à l’image de « So Smart » aussi introspectif qu’abrasif mais également de « Thank You » où son approche vocale surprend tandis qu’elle refuse de complexifier la construction de soi pour des chemins pop accessibles qu’elle tire son épingle du jeu. C’est en parlant avec soin de la transformation personnelle tout au long de ce premier album à travers des morceaux « broken R&B » tels que « WHIP » ou encore « pixxxie » et « Workout » qu’elle brille de mille feux tandis qu’elle critique à raison les standards de beauté ainsi que d’autres diktats de la société, comme sur « Salt » et « POPSTAR ».
Il ne manquera plus qu’une conclusion presque jungle du nom de « WTVR » pour nous rappeler que chaque évolution débute sur une échelle beaucoup plus intimiste. Et à travers POWER HOUSE, Magi Merlin nous incite à apprécier notre psyché avec toutes ces complexités afin de brasser la tempête.
Note: 8/10
