
Parmi les nouveautés musicales de cette rentrée, on pourra compter sur le grand retour de Bonobo. Le légendaire producteur britannique était dans une autre sphère avec leur précédent album nommé Fragments paru il y a quatre années de cela maintenant et qui incorporait des rythmes plus dansants et des influences plus jazzy. Non mécontent de ce virage, il le confirme avec son successeur intitulé Distance In Static.
Bonobo semble être à l’aise dans ce virage club pour ce nouveau périple musical absolument immersif. Distance In Static débute avec un « Dawn » des plus aériens avant d’entamer avec « Cycles » et « Drift » beaucoup plus amples où on retrouve les nappes dépaysants ainsi que les samples vocaux absolument hypnotiques et cette progression rythmique donnant le la à bon escient. Une chose est sûre, c’est que Simon Green est le maître lorsqu’il s’agit d’installer une certaine tension de bout en bout avec « Uncasually » et « ID700 » qui sont de parfaites pièces d’ambiance mêlées à cette progression rythmique menée d’une telle précision.
Bien entendu, Bonobo pourra également compter sur son carnet d’adresses prestigieux pour faire de Distance In Static une épopée incontournable. C’est ainsi que l’on retrouve la crème de la crème actuelle, à savoir Arooj Aftab sur un « Fire On The Water » des plus éthérés ainsi que Nicole Miglis qui reste absolument vibrante sur un « Talk To Me » profond et nocturne. On ne pourra pas non plus passer sous silence la star de la soul actuelle Joy Crookes qui vient poser sur le plus frontal « Always On Your Side », contrairement à Nilüfer Yanya qui use du spoken-word sur « Youth’s Fountain » quasi-jazz dans l’approche sans oublier l’envol des cuivres absolument raffiné.
Au milieu de ces pièces instrumentales un brin rythmées comme « Shokoufeh » et « Me and You », un parfum de nostalgie se dégage malgré tout notamment sur le très pop « Can’t You See » en compagnie d’Aanya Martin et sur la conclusion bouleversante du nom de « Mercury » conviant Kanako Yamamoto. En fin de compte, Bonobo signe un disque riche en intensité même si on sent un producteur voulant naviguer vers deux horizons, tantôt dansant tantôt mélancolique, ce qui résulte un Distance In Static plutôt hétéroclite.
Note: 7.5/10
